Le départ de Cristobal Dupouy à la tête de la mission de l’Organisation des États Américains en Haïti suscite autant de discours diplomatiques que de critiques profondes. Derrière les hommages officiels, une question essentielle demeure : quel impact réel cette mission a-t-elle eu sur la sécurité du pays, notamment face à la montée des gangs armés depuis plusieurs années ?
Certes, l’OEA a accompagné certains efforts institutionnels, notamment dans la rénovation de commissariats et le renforcement symbolique des capacités de la Police Bationale d’Haïti (PNH). Toutefois, ces actions apparaissent aujourd’hui insuffisantes au regard de la gravité de la crise sécuritaire. Les gangs continuent d’étendre leur influence, contrôlant des quartiers entiers et paralysant une grande partie de la vie économique et sociale.
Lors de la cérémonie officielle à Pétion-Ville, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a salué l’engagement du diplomate et les efforts en faveur de la démocratie. Mais ce discours contraste fortement avec la réalité quotidienne des citoyens, confrontés à des enlèvements, des violences armées et une insécurité persistante qui fragilise davantage l’État.
La présence de Carlos Ruiz Massieu, représentant des Nations unies, illustre aussi la multiplication des acteurs internationaux en Haïti. Pourtant, cette accumulation d’interventions n’a pas permis de produire des résultats concrets et durables en matière de sécurité. Elle soulève des interrogations sur la coordination et l’efficacité globale de ces missions.
Au-delà des discours sur la démocratie et les droits humains, le bilan de Cristobal Dupouy reste marqué par une absence de transformation structurelle du système sécuritaire haïtien. Les initiatives engagées n’ont pas réussi à enrayer la progression des groupes armés ni à restaurer l’autorité de l’État dans les zones les plus affectées.
Ainsi, le départ du représentant de l’OEA laisse une impression d’inachevé. Entre attentes déçues et promesses non concrétisées, cette mission apparaît comme une occasion manquée de poser les bases d’une véritable stratégie de sécurité en Haïti, à un moment où le pays en avait pourtant un besoin urgent.
Rédaction: Zantray News Haïti