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Rodney Louis dénonce : le silence des médias haïtiens face au procès de Jovenel Moïse

Par sa voix ferme et sans détour, l’activiste politique Rodney Louis brise un tabou qui dérange : le silence des médias haïtiens autour du procès de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, actuellement en cours aux États-Unis. Pour lui, ce mutisme n’est ni accidentel ni anodin — il est le reflet d’un malaise profond, enraciné dans les structures mêmes du pouvoir en Haïti.

Dans un contexte où le pays a été secoué par l’un des crimes politiques les plus marquants de son histoire récente, Rodney Louis s’étonne — et s’indigne — de l’absence de mobilisation médiatique. « Ce silence est assourdissant », laisse-t-il entendre en substance. Là où l’on aurait dû assister à une effervescence journalistique, à des débats nationaux et à une quête collective de vérité, c’est une forme d’effacement qui domine.

Pour l’activiste, cette situation met à nu une réalité troublante : une grande partie du paysage médiatique haïtien serait sous l’influence directe ou indirecte de puissants intérêts économiques et politiques. Dans ces conditions, la liberté d’informer se heurte à des limites invisibles mais bien réelles. Rodney Louis va plus loin : il suggère que certains de ces acteurs, liés aux sphères d’influence, pourraient redouter les révélations susceptibles d’émerger du procès.

Car ce procès, insiste-t-il, pourrait constituer un tournant historique. En exposant des faits, des réseaux et d’éventuelles complicités, il menace de fissurer des équilibres établis. « C’est peut-être cette peur de la vérité qui explique le silence », semble-t-il avertir. Une vérité qui, si elle venait à éclater, pourrait impliquer des figures influentes du pays.

Mais le coût de ce silence est lourd. Rodney Louis souligne qu’en l’absence d’une couverture médiatique rigoureuse, l’opinion publique demeure désinformée, voire indifférente. Dans un pays déjà fragilisé par des crises multiples, cette absence de débat autour d’un événement aussi crucial contribue à l’érosion de la conscience citoyenne. Le peuple haïtien, selon lui, est ainsi privé d’un droit fondamental : comprendre, questionner et juger.

Au-delà de la dénonciation, Rodney Louis pose une question essentielle : peut-on encore parler de presse indépendante en Haïti ? Pour lui, la réponse est préoccupante. Une démocratie sans médias libres et courageux est une démocratie affaiblie. Lorsque l’information devient captive d’intérêts particuliers, elle cesse d’éclairer pour mieux dissimuler.

Dans cette affaire, insiste-t-il, il ne s’agit pas seulement de rendre justice à un président assassiné. Il s’agit de défendre le droit à la vérité pour toute une nation. Le procès en cours aux États-Unis représente une opportunité rare de faire la lumière sur ce crime. Mais sans relais médiatique national fort, cette vérité risque de rester lointaine, inaccessible, presque étrangère au peuple haïtien.

Rodney Louis, en prenant la parole, refuse cette fatalité. Il appelle, implicitement, à un sursaut. Car pour lui, le silence n’est pas neutre : il protège, il dissimule, il perpétue. Et tant que ce silence persistera, la justice restera incomplète et la mémoire nationale, inachevée.

Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com

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