La polémique autour de la relocalisation de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) prend une tournure embarrassante pour le ministère de la Santé publique. Alors que le ministre Sinal Bertrand avait affirmé que l’Hôpital Général allait être transféré dans les locaux de l’Hôpital de la Communauté Haïtienne (HCH), à Frères, la Fondation Haïtienne pour la Santé et l’Éducation (FHASE) vient de démentir catégoriquement toute entente avec l’État haïtien.
Dans une note, la FHASE affirme qu’« aucun accord formel ou informel » n’a été conclu avec le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) concernant l’utilisation des installations du HCH pour accueillir l’HUEH. Une déclaration qui met directement en contradiction les propos du ministre et soulève de sérieuses questions sur la crédibilité des annonces gouvernementales.
Comment le ministre de la Santé a-t-il pu annoncer une relocalisation aussi importante sans qu’aucun accord n’existe avec les responsables des locaux concernés ? Cette situation donne l’impression d’une communication improvisée, voire trompeuse, dans un contexte où le système sanitaire haïtien traverse déjà une crise majeure.
Depuis la fermeture de l’Hôpital Général en raison de l’insécurité imposée par la coalition armée « Viv Ansanm », la population attend des solutions concrètes pour garantir l’accès aux soins. Pourtant, au lieu d’un plan clair et structuré, l’opinion publique assiste à une nouvelle confusion entre les autorités et les institutions concernées.
Le démenti de la FHASE fragilise davantage la parole officielle. La fondation rappelle en plus qu’un contrat d’exploitation valide lie actuellement les installations à l’Hôpital Notre-Dame S.A (HNDSA), qui y assure déjà des services médicaux. Autrement dit, les locaux présentés comme une solution potentielle par le ministre ne sont même pas disponibles dans les conditions annoncées.
Cette affaire met en lumière un problème plus profond au sein de l’administration publique : des annonces politiques faites avant même la conclusion des démarches administratives et légales nécessaires. Dans un pays confronté à l’effondrement progressif de plusieurs services essentiels, ce type de communication alimente la méfiance et renforce l’impression d’un État fonctionnant dans l’improvisation permanente.
Alors que les patients, les médecins et les familles vivent les conséquences directes de la paralysie de l’Hôpital Général, cette controverse révèle surtout un ministère en difficulté, incapable pour l’instant de présenter une réponse cohérente et crédible à la crise hospitalière actuelle.
Rédaction: Zantray News Haïti