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MTPTC–AHEC : une nouvelle réunion qui peine à masquer l’inaction de l’État

Le communiqué publié le 23 avril 2026 par le Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC), annonçant une rencontre avec l’Association Haïtienne des Entreprises de Construction (AHEC), s’inscrit dans une longue tradition d’annonces ambitieuses mais rarement suivies d’effets concrets. L’identification des « obstacles majeurs » et la promesse d’une « feuille de route » donnent l’impression d’un recommencement perpétuel, comme si les problèmes du secteur venaient d’être découverts pour la première fois.

Pourtant, les difficultés évoquées — accès limité aux marchés publics, délais de paiement interminables, manque de régulation — ne sont ni nouvelles ni complexes à comprendre. Elles sont connues depuis des années par tous les acteurs du secteur.

Leur persistance ne relève pas d’un manque d’analyse, mais d’un manque de volonté politique et de rigueur administrative. À force de réunions, d’ateliers et de déclarations, l’action réelle semble toujours reportée à demain.

Le dicton affirme qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Une formule rassurante, presque morale, qui suppose toutefois une condition essentielle : la volonté réelle d’agir dans l’intérêt collectif. Car lorsqu’un système est dominé par l’incompétence, l’opportunisme et la recherche du profit à court terme, ce principe perd toute sa valeur. En Haïti, particulièrement dans le secteur de la construction, ce n’est pas le temps qui manque pour bien faire — c’est la crédibilité de ceux qui prétendent enfin vouloir agir.

L’appel à une « restructuration du marché de la construction » et à une « organisation plus rigoureuse » peut sembler pertinent sur le papier. Mais, dans la pratique, ces mots sont devenus des slogans creux, répétés sans que les mécanismes de corruption, de favoritisme et d’inefficacité soient véritablement attaqués.

Comment parler de transparence quand les mêmes pratiques opaques continuent de régir l’attribution des contrats ? Comment évoquer la compétitivité quand les entreprises locales sont étranglées par des retards de paiement chroniques ?

Ce type d’initiative soulève une question fondamentale : s’agit-il d’une réelle volonté de transformation ou d’une simple opération de communication destinée à donner l’illusion du mouvement ? Car sans mécanismes contraignants, sans sanctions pour les abus et sans réforme structurelle profonde, aucune « feuille de route » ne pourra changer la réalité du terrain.

Le problème n’est donc pas que l’État agit trop tard. Le problème est qu’il agit souvent sans cohérence, sans continuité et sans responsabilité. Et, dans ces conditions, même les meilleures intentions affichées deviennent suspectes.

Il est effectivement possible de bien faire, même tardivement. Mais cela exige compétence, intégrité et courage politique. Tant que ces qualités feront défaut, chaque nouvelle annonce ressemblera davantage à une répétition qu’à un véritable tournant.

Rédaction: Zantray News Haïti

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