La Femmes Engagées pour Haïti hausse le ton contre le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) et dénonce ce qu’elle considère comme une décision grave, incohérente et profondément humiliante pour les femmes engagées dans la lutte pour l’égalité en Haïti.
Dans un communiqué incisif publié le 7 avril 2026, l’organisation critique ouvertement la révocation d’une femme Directrice Générale au profit d’un homme présenté comme un proche de la ministre Pedrica Saint-Jean. Pour la plateforme, cette décision constitue une contradiction majeure avec la mission même du ministère chargé de défendre les droits des femmes et de promouvoir leur présence dans les espaces de décision.
« La révocation d’une Directrice Générale pour la remplacer par un homme ami proche de la ministre est une gifle infligée aux femmes engagées dans ce pays », dénoncent les signataires du texte, qui estiment que ce choix envoie un message désastreux à toutes les femmes haïtiennes luttant pour accéder à des postes stratégiques au sein de l’État.
La plateforme souligne également qu’il était de notoriété publique que la ministre Pedrica Saint-Jean n’entretenait pas de bonnes relations avec l’ancienne Directrice Générale, laissant planer de sérieuses interrogations sur les véritables motivations ayant conduit à cette décision administrative controversée.
Pour les organisations féminines, le problème dépasse désormais le simple cadre institutionnel. Elles y voient l’illustration d’un système où les rivalités personnelles, les proximités politiques et les intérêts de clan prennent parfois le dessus sur le mérite, les compétences et la nécessité de renforcer la représentation féminine dans l’administration publique.
L’organisation rappelle qu’Haïti compte actuellement seulement trois femmes Directrices Générales sur les dix-huit ministères du pays, un chiffre qu’elle considère comme alarmant dans un contexte où les femmes restent largement marginalisées des sphères de pouvoir.
Dans ce contexte, la plateforme accuse le MCFDF de contribuer lui-même à l’affaiblissement du leadership féminin, alors même qu’il devrait être le premier rempart contre les discriminations et les exclusions visant les femmes dans la gestion de l’État.
« Lorsque le ministère chargé de défendre les droits des femmes participe à leur recul dans les espaces décisionnels, c’est toute la crédibilité du discours institutionnel sur l’égalité qui s’effondre », affirme le communiqué.
Plusieurs questions ironiques commencent d’ailleurs à émerger dans l’opinion publique après cette nomination controversée au sein du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes. Faudra-t-il désormais parler d’un « Directeur Général » au ministère censé promouvoir prioritairement le leadership féminin ? Le ministère des droits des femmes serait-il devenu incapable de trouver une femme compétente pour occuper ce poste stratégique ? Et pendant que les discours officiels se multiplient sur le quota constitutionnel et l’autonomisation des femmes, certains se demandent si la priorité réelle n’est pas plutôt de récompenser les proches et les alliés politiques. Une situation qui, pour de nombreuses militantes, ressemble à une cruelle démonstration du fossé entre les slogans institutionnels et la réalité du pouvoir en Haïti.
Les signataires dénoncent également une pratique qu’elles jugent dangereuse : transformer les institutions publiques en espaces de favoritisme personnel au détriment des principes de justice, d’équité et de transparence. Elles rappellent que le quota constitutionnel en faveur des femmes ne peut continuer à servir de simple slogan politique pendant que les femmes compétentes sont progressivement écartées des postes de responsabilité.
Pour la plateforme, cette affaire révèle surtout l’ampleur des contradictions qui persistent au sein de l’État haïtien en matière de promotion des droits des femmes. Elle appelle les autorités à faire preuve de cohérence, de responsabilité et de respect envers les femmes qualifiées qui consacrent leur carrière au service public.
Le communiqué est signé par Majorie Milord et Lamercie Charles Pierre au nom de la Femmes Engagées pour Haïti.
Rédaction : Zantray News Haïti