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Haïti – Crise politique : le CONAI rejette le rapport de l’ONU et réclame une enquête internationale

Le Consensus National Inclusif (CONAI) hausse le ton. Dans une correspondance adressée au Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, l’organisation rejette catégoriquement le dernier rapport de l’ONU sur la crise haïtienne, qu’elle juge « en décalage total avec la réalité du terrain ».

Au cœur de cette prise de position, une accusation lourde : le rapport onusien contribuerait, selon le CONAI, à légitimer un pouvoir contesté. L’organisation évoque même un processus assimilable à un « coup d’État », impliquant des acteurs internationaux, notamment des représentants américains et le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). 

Le document dresse un tableau particulièrement sombre de la situation nationale. Le CONAI évoque plus de 1,5 million de déplacés internes, une insécurité généralisée avec une large portion de la capitale sous contrôle de groupes armés, ainsi qu’une crise humanitaire majeure marquée par une famine touchant des millions de personnes. Les massacres à répétition et l’impunité persistante sont également pointés du doigt comme des symptômes d’un effondrement de l’État. 

Au-delà du constat, l’organisation formule des accusations graves à l’encontre des autorités en place. Elle affirme que plusieurs acteurs du pouvoir seraient impliqués dans des activités criminelles, allant du blanchiment d’argent au financement de groupes armés, et rappelle les soupçons entourant l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021. 

Le CONAI dénonce également des pratiques sécuritaires controversées. Il évoque l’usage de mercenaires étrangers et des opérations armées ayant causé des pertes civiles importantes, notamment dans des quartiers populaires. Ces actions, selon l’organisation, s’inscrivent dans une stratégie opaque, financée par des contrats douteux, et contribuent à aggraver la crise humanitaire. 

Face à cette situation, le CONAI appelle à des mesures urgentes. Il réclame la mise en place d’un mécanisme indépendant pour lutter contre la corruption et l’impunité, la création d’une commission d’enquête internationale sur le rôle des acteurs étrangers, ainsi que l’instauration d’une transition politique crédible capable de conduire à des élections transparentes. L’arrestation des personnes impliquées dans l’assassinat du président Moïse figure également parmi ses priorités. 

La lettre est cosignée par plusieurs personnalités issues de divers secteurs : l’ingénieure Lyliette F. Gaspard, l’avocat Widelson Michel, le docteur Erol F. Manigat, l’agronome Marie Andrée Desjardins et le professeur Endes Lajoie. 

Par cette démarche, le CONAI marque une rupture nette avec la lecture internationale de la crise haïtienne. Dans un contexte déjà fragile, cette position risque d’accentuer les tensions entre acteurs nationaux et partenaires étrangers, tout en relançant le débat sur la légitimité du pouvoir et les voies possibles de sortie de crise.

Rédaction : Zantray News Haïti

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