Présentée comme une avancée dans le cadre de la campagne « KatOuLa », la distribution de 142 cartes d’identification nationale en une journée, le 21 avril 2026, à Tabarre, par l’Office national d’identification (ONI), soulève pourtant de sérieuses interrogations quant à la performance réelle de l’institution.
Dans un pays où des millions de citoyens peinent encore à obtenir ou récupérer leur pièce d’identité, un tel bilan apparaît davantage comme un indicateur de lenteur administrative que comme un exploit.
Certes, les chiffres détaillent une répartition équilibrée — 70 femmes et 72 hommes — mais ils peinent à masquer une réalité plus préoccupante : à ce rythme, il faudrait des mois, voire des années, pour résorber le retard accumulé dans la distribution des cartes. Pour une institution étatique censée garantir l’identification de la population, ce résultat quotidien semble largement en deçà des attentes.
L’initiative vise à encourager les citoyens à venir récupérer leurs cartes déjà produites. Cependant, elle met aussi en lumière des failles structurelles, notamment un manque d’efficacité dans la communication, l’accessibilité des centres ou encore la capacité logistique de l’ONI à gérer un volume important de bénéficiaires. Dans des zones urbaines densément peuplées comme Tabarre, 142 cartes distribuées en une journée ne reflètent pas l’ampleur des besoins.
Par ailleurs, l’appel lancé à la population — « Ne laissez pas votre identité dans un tiroir » — peut difficilement porter ses fruits si les obstacles administratifs et organisationnels persistent. Pour de nombreux citoyens, récupérer leur carte implique encore des contraintes importantes, qu’il s’agisse de déplacements, de sécurité ou de disponibilité.
Dans un contexte national marqué par des défis majeurs en matière de gouvernance et de services publics, ce type de bilan, loin de rassurer, met en évidence l’urgence d’une réforme en profondeur du système d’identification. Plus qu’une campagne de sensibilisation, c’est une véritable amélioration des performances institutionnelles qui est attendue.
Rédaction : Zantray News Haïti