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Colloque sur les migrations : des engagements qui restent à prouver

La clôture du colloque sur les migrations, le 30 avril 2026 à Port-au-Prince, met en lumière un écart frappant entre l’ambition affichée par les autorités et le flou entourant les actions concrètes à venir. Présentée par la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, comme une avancée majeure vers une gouvernance migratoire moderne et cohérente, l’initiative s’inscrit néanmoins dans une dynamique déjà bien connue, faite de déclarations fortes mais rarement suivies d’effets mesurables.

Sous le leadership du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Gouvernement réaffirme son engagement en faveur d’une migration « sûre, ordonnée et régulière ». Pourtant, cette volonté affichée contraste avec l’absence de résultats tangibles face aux difficultés persistantes rencontrées par les migrants haïtiens. Entre discours sur les droits humains et réalités du terrain, le décalage reste manifeste.

La valorisation de la diaspora, mise en avant par la ministre Kathia Verdier, est une nouvelle fois présentée comme un levier de développement. Toutefois, aucune orientation précise ne permet de comprendre comment cet « atout majeur » sera réellement intégré dans une stratégie nationale efficace. De même, les prises de position du ministre Marc-Élie Nelson en faveur d’une politique migratoire nationale soulignent, en creux, le retard accumulé sur ce chantier essentiel.

L’annonce de la création d’une commission nationale chargée d’élaborer une nouvelle politique en deux mois suscite également des interrogations. Si sa composition se veut inclusive — réunissant État, secteur privé, société civile, diaspora et partenaires internationaux —, rien ne garantit que cette structure échappera aux lourdeurs administratives et aux blocages habituels.

Les discussions du colloque ont certes permis de dégager des priorités claires, notamment la protection des migrants, l’amélioration des services consulaires et une plus grande implication de la diaspora. Mais sans mécanismes concrets de mise en œuvre, ces orientations risquent de rester au stade des intentions.

Au final, derrière une communication soignée et des engagements ambitieux, ce colloque donne l’impression d’un exercice institutionnel de plus, sans garantie réelle de changement pour les migrants haïtiens.

Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com

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