Alors que l’insécurité continue de plonger Haïti dans une crise profonde et durable, le gouvernement semble s’enfermer dans une stratégie de dépendance vis-à-vis de la communauté internationale. Une nouvelle intervention à l’ONU le 4 mai 2026 illustre, une fois de plus, cette posture : constater l’ampleur de la crise interne tout en sollicitant davantage de financements extérieurs.
À New York, lors de la deuxième session de reprise de la Cinquième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée au financement des opérations de maintien de la paix, incluant le Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti (BANUH), la délégation haïtienne a appelé à un soutien international renforcé, cohérent et durable.
Le représentant permanent adjoint d’Haïti auprès de l’ONU, Fritzner Gaspard, a salué les mécanismes en cours, notamment la résolution 2793 (2025) et la mise en place du BANUH. Mais derrière ce langage diplomatique, le constat reste le même : l’État haïtien peine toujours à reprendre le contrôle de la situation sécuritaire sur son propre territoire.
Les autorités haïtiennes ont mis en avant des besoins qualifiés d’« urgents et considérables », notamment en matière de mobilité opérationnelle, de communications sécurisées, de soutien médical, d’infrastructures logistiques et de capacités de déploiement rapide. Une liste qui reflète surtout la faiblesse des moyens nationaux face à une crise qui s’aggrave.
Dans le même temps, le budget proposé pour le BANUH, estimé à plus de 403 millions de dollars pour la période 2025–2027, confirme la place centrale qu’occupe désormais le financement international dans la gestion de la crise haïtienne. Officiellement, le gouvernement insiste sur la nécessité de transparence, d’efficacité et de bonne gouvernance dans l’utilisation des fonds. Mais ces exigences contrastent avec la réalité d’un État encore fragilisé et largement dépendant de l’extérieur.
Au-delà des aspects financiers, Haïti appelle à un alignement des actions internationales sur les priorités nationales. Toutefois, cette volonté affichée soulève une question essentielle : comment définir des priorités nationales solides lorsque les capacités de l’État restent limitées sur le terrain ?
Une fois de plus, le discours officiel met en avant l’espoir d’un engagement international durable pour rétablir la sécurité, renforcer l’État de droit et stabiliser le pays. Mais dans les faits, la stratégie dominante reste la même : face à une insécurité persistante, le gouvernement haïtien continue de se tourner vers l’extérieur, sans parvenir à démontrer une capacité autonome de réponse à la crise.
Rédaction: Zantray News Haïti