Le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) semble une fois de plus s’enfermer dans une rhétorique bien rodée, faite de promesses ambitieuses et de formulations technocratiques, mais dont l’impact réel reste pour le moins incertain. À l’issue de la rencontre du mardi 21 avril 2026 avec l’Ambassadeur du Brésil, organisée sur recommandation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le communiqué officiel aligne les intentions sans jamais convaincre sur la capacité à les concrétiser.
Derrière les expressions convenues telles que « renforcement des relations commerciales » ou « approfondissement des liens institutionnels », se cache une réalité bien plus préoccupante : l’absence de résultats tangibles pour l’économie haïtienne. La perspective d’un protocole d’accord (MoU), présentée comme une avancée majeure, s’inscrit dans une longue tradition d’annonces similaires dont les retombées concrètes restent invisibles pour les acteurs économiques locaux.
Le discours officiel insiste également sur la « facilitation des échanges » et la mise en place de « missions économiques mixtes ». Pourtant, ces initiatives, répétées à l’envi dans de multiples accords passés, peinent à produire des effets mesurables. Les chambres de commerce, associations patronales et commerçants, régulièrement mentionnés comme bénéficiaires, attendent toujours des mécanismes clairs et efficaces pour soutenir réellement leurs activités.
Plus préoccupant encore, l’engagement du MCI à accompagner les entreprises brésiliennes souhaitant investir dans les parcs industriels haïtiens soulève des interrogations. Cette orientation semble privilégier l’attractivité pour les investisseurs étrangers sans garantir de retombées équitables pour le tissu productif national. La « redynamisation » promise reste un concept flou, rarement suivi d’indicateurs précis ou d’évaluations transparentes.
Quant au renforcement des capacités institutionnelles, présenté comme un axe prioritaire, il s’appuie essentiellement sur des programmes de formation et d’immersion. Là encore, l’initiative paraît louable sur le papier, mais elle s’inscrit dans une logique de dépendance aux partenaires étrangers, sans stratégie claire d’autonomie ni de pérennisation des compétences acquises.
Enfin, la répétition d’objectifs tels que la « modernisation institutionnelle » et « l’amélioration de la performance des services publics » illustre une communication qui privilégie les intentions aux résultats. Sans calendrier précis, sans mécanismes de suivi ni engagements chiffrés, ces annonces peinent à convaincre dans un contexte où les besoins économiques du pays sont urgents et concrets.
Au final, cette rencontre s’inscrit davantage dans une logique de communication diplomatique que dans une véritable stratégie de transformation économique. Sous couvert de « partenariat mutuellement bénéfique », le MCI semble reproduire un schéma bien connu : multiplier les accords, sans jamais répondre aux défis structurels du pays.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com