Les autorités kényanes présentent leur mission en Haïti comme un succès éclatant, affirmant que l’aéroport international Toussaint Louverture et les ports ont repris un fonctionnement normal. Pourtant, dans la réalité, les avions sont encore la cible de tirs de gangs, et l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) des États-Unis interdit les vols commerciaux jusqu’en septembre 2026, contredisant ces proclamations.
Un communiqué de la police kényane, daté du 23 mars, assure que les rues de Port-au-Prince sont pacifiées et sous contrôle policier. En réalité, les zones du centre-ville tombent toujours entre les mains des gangs, et la commune de Kenscoff reste régulièrement attaquée malgré la présence des policiers kényans.
Le gouvernement du Kenya vante la coopération réussie avec la Police nationale haïtienne (PNH) et la reprise de l’ordre public. Cependant, aucun groupe de gangs dans l’Artibonite n’a été démantelé, et aucun territoire n’a été sécurisé par les troupes kényanes, laissant la situation inchangée, voire aggravée.
Selon les officiels, les routes et infrastructures sont rouvertes et opérationnelles. La réalité montre que les routes nationales restent bloquées, aggravant la crise alimentaire et paralysant l’économie locale, malgré le déploiement prolongé des forces kényanes l’année dernière.
Les responsables kényans louent la discipline et le professionnalisme de leurs policiers sur place. Toutefois, le retrait progressif annoncé survient alors que la violence augmente, suggérant que le bilan réel est loin d’être satisfaisant.
Le communiqué souligne l’expérience gagnée par les policiers kényans et leur retour utile au pays. Or, cette « expérience » ne se traduit par aucun progrès tangible pour les Haïtiens, dont 1,4 million de personnes restent déplacées et vulnérables.
En pratique, la coopération du Kenya en Haïti n’a permis ni la sécurisation des quartiers, ni la reprise du contrôle de l’État, laissant le pays plus fragile qu’avant l’intervention. La réalité haïtienne révèle un contraste frappant : plus de deux ans après leur arrivée, les gangs dominent encore de larges zones, et l’aéroport ainsi que les routes stratégiques demeurent sous menace constante.
Rédaction: Zantray News Haïti