À l’approche d’une échéance jugée décisive pour l’avenir institutionnel du pays, plusieurs partis politiques, organisations syndicales, structures de la société civile et personnalités nationales ont rendu publique une déclaration conjointe appelant à la mise en place d’une nouvelle gouvernance intérimaire inclusive, à l’issue du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), fixé au 7 février 2026.
Dans ce document, les signataires rappellent que la fin de mission du CPT est conforme aux prescrits de l’Accord du 3 avril 2024. Ils estiment que cette échéance impose une réponse politique concertée afin d’éviter toute rupture institutionnelle et de préserver la stabilité minimale de l’État haïtien.
Une Convention nationale pour dégager un consensus
Face à la crise politique persistante, les signataires proposent l’organisation d’une Convention nationale regroupant les principaux pôles politiques et sociaux du pays. Cette démarche serait conduite sous l’égide d’un Collège national de facilitation, composé notamment de représentants des confessions religieuses, du secteur universitaire, du patronat et de la société civile organisée.
Selon eux, cette convention devrait permettre de dégager un consensus autour d’une nouvelle gouvernance intérimaire, capable de restaurer la confiance, de renforcer la légitimité politique et de préparer un retour progressif à l’ordre constitutionnel.
Responsabilité citoyenne et interpellation des partenaires internationaux
La déclaration lance un appel clair à la responsabilité citoyenne, invitant l’ensemble des acteurs politiques à privilégier l’intérêt supérieur de la nation au détriment des logiques partisanes. Les signataires estiment que seule une démarche inclusive et responsable peut éviter au pays de sombrer dans une nouvelle phase de chaos.
Ils interpellent également les partenaires internationaux, les exhortant à respecter leurs engagements envers Haïti, en particulier en ce qui concerne le renforcement des forces nationales de sécurité, considéré comme un préalable indispensable à toute transition politique crédible et durable.
Les signataires de la déclaration
La déclaration est signée par 22 organisations et personnalités, dont notamment :
• Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative : Guibert Barthélémy, Abel Descollines, Jean Fresly
• Force Louverturienne Réformiste / Consortium Patriotique : Emmanuel Ménard, Charles Pedro Marcelyn
• PATRIM / Consortium Patriotique : Sofia Loréus
• Organisation pour une Nouvelle Haïti : Joubert Mondésir, André Raphaël
• Coalition Nationale / Consortium Patriotique : Fritz Pierre
• Bloc du Milieu / Consortium Patriotique : Bernard Lahens
• PARASOL : Yvon Bonhomme, Lovely Alexis
• Kowalisyon Fanm Vanyan : Myriam Paula Magloire, Judith Sénatus
• Mouvement pour la Sauvegarde de la Démocratie : Lickel Pierre, Pères Caséus
• Rassemblement de la Diaspora / Consortium Patriotique : Myrlène Blot
• Ashley Louis, citoyen engagé
• Joseph Yvon Feuillé, ancien président du Sénat
• Centrale Nationale des Ouvriers Haïtiens : Dominique St-Éloi
• Organisation pour le Changement d’Haïti : Jean-Claude François, Maryline Jacques
• Association des Agents de Sécurité Professionnels : Junior Dérose
• Union des Démocrates : Victoire C. Laroche
• Collectif des Jeunes : Arnouald Sévère, Josie Voltaire
• Union des Patriotes pour l’Avancement National : Marc Guillaume
• Konekte Haïti : Evens Jean
• Regroupement des Jeunes Étudiants et Universitaires Haïtiens : Marie Mirtha Morantus
• Peyizan An Mouvman : Valice Lanord
• Ligue Dessalinienne : Josué Casséus, Marie Claudette Régis
Un appel à la mobilisation nationale
Les signataires appellent enfin la population haïtienne à rester vigilante et mobilisée afin d’accompagner cette initiative, présentée comme une voie de sortie politique susceptible de doter le pays d’une gouvernance intérimaire plus stable, plus crédible et largement acceptée par les institutions politiques, sociales et morales.
Rédaction : Zantray News Haïti