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Tourisme : le grand écart entre discours ministériel et réalité du terrain

La réunion tenue le 17 mars 2026 entre la ministre du Tourisme, Stéphanie Smith, et la direction de l’École Hôtelière d’Haïti (EHH) illustre, une fois de plus, le décalage persistant entre les ambitions affichées et la réalité du terrain. Présentée comme une séance de travail stratégique, cette rencontre met surtout en lumière les limites d’un système qui, malgré des décennies d’existence, reste incapable de répondre aux besoins nationaux en formation touristique.

L’EHH, pourtant unique école hôtelière publique du pays, demeure confinée à la région métropolitaine. Une situation difficilement justifiable dans un pays où les besoins en main-d’œuvre qualifiée dépassent largement ce périmètre. Le constat n’est pas nouveau, mais il semble continuer d’être redécouvert à chaque réunion officielle, sans qu’aucune mesure concrète ne soit mise en œuvre pour corriger ce déséquilibre structurel.

La question de l’ouverture de formations dans d’autres départements, évoquée comme une « piste de solution », souligne surtout l’inaction prolongée des autorités. Ce projet, qui relève du bon sens, apparaît encore au stade de réflexion, alors même que le décalage entre formation et besoins du terrain est reconnu comme ancien et profond.

Dans ce contexte, les déclarations de la ministre, appelant à considérer l’EHH comme un levier stratégique pour le tourisme national, peinent à convaincre. Sans calendrier, sans plan détaillé ni engagements mesurables, ces propos ressemblent davantage à un exercice de communication qu’à une réelle volonté de transformation.

L’engagement affiché d’appuyer l’EHH « dans toutes ses initiatives » s’inscrit dans cette même logique : des promesses larges, mais sans garantie d’impact. Pendant ce temps, le secteur touristique continue de souffrir d’un manque criant de professionnels formés à l’échelle nationale, freinant toute perspective de développement structuré.

Au final, cette rencontre met en évidence une gouvernance qui reconnaît les problèmes, mais tarde à agir. Derrière les discours et les réunions institutionnelles, l’urgence demeure entière : sans déploiement effectif de la formation en dehors de la capitale, le projet touristique national risque de rester, une fois de plus, à l’état d’intention.

Mozard Lombard

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