Une vive émotion secoue la communauté juridique après la tentative d’assassinat dont a été victime Me Brunel Fils-Aimé, survenue dans l’après-midi d’hier au centre-ville de Lascahobas. Dans une note de dénonciation, Me Louibenson Louis, avocat au Barreau de Port-au-Prince et natif de Lascahobas, condamne avec la plus grande fermeté ce qu’il qualifie d’« attaque odieuse » et appelle les autorités à agir avec célérité.
Pour Me Louis, cette agression dépasse le simple fait divers. Elle constitue une atteinte grave au droit à la vie, pilier fondamental de tout État de droit. L’avocat rappelle que ce droit est garanti par les principaux instruments internationaux de protection des droits humains, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la Convention américaine relative aux droits de l’homme, ainsi que par la Constitution haïtienne.
Il souligne également qu’Haïti, en tant que membre fondateur de l’Organisation des Nations unies (ONU) et de l’Organisation des États américains (OEA), est tenue de respecter et de faire appliquer les engagements qu’elle a librement souscrits en matière de protection du droit à la vie et de la sécurité des citoyens.
L’avocat estime particulièrement alarmant que les professionnels chargés de défendre les droits et les libertés fondamentales deviennent eux-mêmes des cibles de violences, d’intimidations et de tentatives d’assassinat.
Selon lui, la gravité de l’affaire atteint un seuil encore plus préoccupant dès lors que l’auteur présumé de cette tentative d’assassinat serait également un avocat. « La justice doit être mise en branle », martèle Me Louibenson Louis, qui réclame une enquête indépendante, impartiale et rigoureuse afin que les responsabilités soient établies et que les auteurs répondent de leurs actes devant les tribunaux.
Évoquant avec émotion sa ville natale, il déplore un climat de violence qui déchire la communauté.
« Lascahobas, ma ville natale, a horreur de tout ça. Elle souffre. Elle pleure. »
En conclusion, Me Louibenson Louis lance un appel solennel aux autorités municipales, policières et judiciaires. Il exhorte la mairie, la Police nationale d’Haïti et le parquet de la juridiction à prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir l’ordre public, garantir la sécurité des citoyens et faire prévaloir la justice.
Au-delà du sort réservé à une seule victime, l’avocat estime que cette affaire constitue un test décisif pour les institutions judiciaires haïtiennes. À ses yeux, toute absence de réaction ou toute complaisance face à un tel acte ne ferait qu’alimenter le sentiment d’impunité et fragiliser davantage l’État de droit.
Rédaction : Zantray News Haïti