Dans un communiqué daté du 31 janvier 2026, le ministère de la Défense annonce, non sans une visible fierté, une réunion entre le ministre Jean-Michel Moïse et un haut responsable de la défense de l’ambassade des États-Unis en Haïti. L’objectif affiché est ambitieux : renforcer un « intérêt commun » pour la stabilité et la sécurité en Haïti et dans le bassin des Caraïbes. Une formulation solennelle, soigneusement calibrée, qui donne l’impression que la sécurité nationale progresse à coups de rencontres diplomatiques et de déclarations rassurantes.
Le communiqué souligne également l’engagement du ministère à sécuriser le territoire national en collaboration avec la Police nationale haïtienne et la Force de répression des gangs. Une promesse lourde de sens, mais étonnamment légère en détails. Aucune précision sur les actions concrètes, les résultats attendus ou les moyens mobilisés : l’engagement reste suspendu dans l’air, comme une bonne intention répétée pour la forme.
La note se conclut par une marque de reconnaissance appuyée envers le « soutien indéfectible » des partenaires américains dans la résolution du problème de sécurité en Haïti. Une gratitude abondante, presque lyrique, qui contraste avec l’absence totale d’informations tangibles sur l’impact réel de ce soutien. À défaut de sécurité palpable, le communiqué semble au moins garantir une chose : la satisfaction officielle de se réjouir d’une réunion et de remercier chaleureusement ceux qui y ont participé.
Ainsi, entre réjouissance institutionnelle, promesses générales et remerciements appuyés, la sécurité nationale se décline ici surtout en mots bien choisis. Reste à savoir si, au-delà du communiqué, cette stabilité tant évoquée existe ailleurs que sur le papier à en-tête du ministère.
Mozard Lombard,
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