Haïti a-t-elle fait quelque chose de mal pour mériter, depuis quelque temps, des dirigeants qui semblent avancer à tâtons, improviser et témoigner, à chaque occasion, de leur incapacité à faire progresser le pays ? Aujourd’hui, c’est au tour du ministre des Sports, Pythagore Dumas, d’être au centre des critiques après avoir affirmé ne pas avoir été informé de l’arrivée de deux Grenadiers au pays, Woodensky Pierre et Danley Jean-Jacques, alors qu’ils revenaient après avoir représenté Haïti à la Coupe du monde 2026.
Dans n’importe quel pays qui accorde de l’importance à ses ambassadeurs sportifs, le retour d’athlètes ayant porté les couleurs nationales sur une scène mondiale donne lieu à une organisation minimale et à un accueil symbolique. En Haïti, cet événement est passé presque inaperçu, donnant l’impression que l’exploit accompli n’a suscité ni anticipation ni préparation au niveau des autorités concernées.
Après la Fédération haïtienne de football, le ministère des Sports aurait dû être parmi les premières institutions informées de leur retour. À défaut d’avoir coordonné l’ensemble de l’organisation, il lui revenait au moins de prévoir une présence institutionnelle afin de marquer l’importance du moment pour le sport national.
Pourtant, les deux Grenadiers sont arrivés à l’aéroport international du Cap-Haïtien dans une relative discrétion, sans cérémonie officielle d’accueil ni geste public destiné à reconnaître leur parcours. Une scène qui a rapidement alimenté les critiques et laissé un goût amer chez de nombreux supporters.
Face aux réactions, le ministre a choisi de publier une note expliquant qu’il n’avait pas été mis au courant de cette arrivée. Une justification qui, pour plusieurs observateurs, soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses sur la coordination interne du secteur sportif.
Les critiques estiment qu’un ministère ne peut se limiter à réagir une fois que la polémique est installée. Ils considèrent qu’un minimum d’anticipation, de communication et de suivi institutionnel aurait permis d’éviter cette situation et d’offrir aux joueurs l’accueil qu’ils méritaient.
Au-delà du cas précis de ces deux Grenadiers, cet épisode relance le débat sur la manière dont les réussites nationales sont valorisées en Haïti. Trop souvent, selon les critiques, les autorités apparaissent absentes lors des moments qui pourraient pourtant renforcer le sentiment de fierté collective.
Le retour de ces représentants du football haïtien aurait pu devenir un moment de rassemblement et de célébration nationale. À la place, il s’est transformé en controverse politique et administrative, laissant une nouvelle fois l’impression d’une gestion improvisée et d’un manque de considération envers ceux qui portent le drapeau haïtien sur la scène internationale.
Rédaction: Zantray News Haïti