Au moins 27 817 personnes ont été rapatriées vers Haïti au cours du mois de juillet à travers les quatre points officiels de la frontière haïtiano-dominicaine, selon les données du Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR). L’organisation estime que la dégradation de la situation humanitaire, aggravée par les déportations massives menées par la République dominicaine, montre qu’Haïti n’est pas préparé à recevoir de nouvelles vagues de personnes expulsées.
Le GARR souligne que l’afflux de personnes rapatriées accentue la pression sur les communautés situées dans les zones frontalières. Dans un contexte marqué par une crise humanitaire persistante, l’organisation estime que les capacités d’accueil et d’assistance disponibles en Haïti demeurent insuffisantes pour répondre aux besoins des personnes retournées.
Sur le plan des droits humains, le GARR critique les politiques migratoires appliquées par la République dominicaine à l’égard des ressortissants haïtiens. L’organisation considère que certaines de ces pratiques portent atteinte aux droits fondamentaux des migrants et déplore leur poursuite malgré les appels lancés par des organisations de défense des droits humains.
Le rapport fait également état de préoccupations concernant le respect des normes internationales relatives à la protection des migrants. Le GARR affirme que les autorités dominicaines doivent prendre en compte les droits et la dignité des personnes concernées par les opérations de rapatriement et de déportation.
Selon l’organisation, la situation est d’autant plus préoccupante que les personnes retournées arrivent dans un pays confronté à de graves difficultés sociales, économiques et humanitaires. L’augmentation des retours risque ainsi de renforcer la vulnérabilité des familles et des communautés qui disposent déjà de moyens limités pour répondre aux besoins des nouveaux arrivants.
À travers son rapport mensuel, le GARR présente une analyse de l’évolution de la situation migratoire dans la région, avec un accent particulier sur les relations entre Haïti et la République dominicaine. Les données recueillies aux différents points frontaliers permettent notamment de suivre l’ampleur des rapatriements et leurs conséquences humanitaires.
Face à cette situation, le GARR estime qu’une poursuite des déportations massives pourrait aggraver davantage la crise humanitaire en Haïti. L’organisation appelle au respect des droits fondamentaux des migrants haïtiens et à une meilleure prise en compte des capacités réelles du pays avant toute nouvelle intensification des opérations de déportation.
Rédaction: Zantray News Haïti