Le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et l’Office de Management et des Ressources Humaines (OMRH) ont tenu, le 1er juillet 2026, une nouvelle séance de travail consacrée à la refonte du Système de Gestion de la Paie de l’Administration publique (SYSPAY). Présentée comme une étape importante de la modernisation de l’État, cette rencontre soulève pourtant plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Une dizaine de cadres de l’OMRH, conduite par son Coordonnateur général, Madelain Fils-Aimé, et une quinzaine de responsables du MEF, dont le Directeur général Jean Bouco Jean Jacques et le Directeur général du Budget Jean Michel Silin, se sont réunis pour examiner les grandes orientations du projet. Une forte mobilisation administrative… mais dont l’issue concrète reste, pour l’instant, limitée à des discussions.
Le communiqué met en avant les « implications attendues » de l’OMRH et annonce qu’à terme l’ensemble des dépenses de personnel, y compris celles des contractuels et assimilés, sera intégré au SYSPAY selon une nouvelle architecture. Or, derrière ces formulations ambitieuses, aucune échéance de mise en œuvre, aucun calendrier détaillé, aucun objectif mesurable ni aucun résultat concret ne sont présentés.
La communication officielle qualifie cette refonte d’« étape importante » dans la modernisation de la gestion de la paie et la rationalisation des dépenses de personnel. Pourtant, ce qui est effectivement annoncé n’est pas une réforme réalisée, mais une nouvelle réunion de travail autour d’un projet toujours en cours. La différence est de taille.
Le contraste entre le discours et les éléments rendus publics est frappant. Beaucoup de responsables, beaucoup de cadres, beaucoup de concertation, mais aucune indication sur l’état d’avancement réel du chantier. Le public est invité à retenir la promesse d’une modernisation sans disposer des informations permettant d’en mesurer la portée ou les effets.
À la lecture des informations communiquées, une conclusion s’impose : cette annonce met davantage en scène le processus administratif qu’elle ne démontre des résultats. Tant que la refonte du SYSPAY restera présentée à travers des réunions, des orientations et des intentions, il sera difficile d’y voir autre chose qu’un exercice de communication institutionnelle plutôt qu’une avancée tangible.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com