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Reconduction sans bilan : l’autosatisfaction du pouvoir autour de James Monazard interroge sur la réalité des « réformes » annoncées

La reconduction du ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, saluée avec emphase par son propre ministère après le « renouvellement de confiance » du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, soulève plus de questions qu’elle n’apporte de garanties.

Présenté comme une « figure centrale de la dynamique économique nationale », doté d’un « leadership affirmé », d’une « vision stratégique » et d’une « maîtrise des enjeux », le ministre James Monazard est encensé dans des termes qui relèvent davantage de l’autosatisfaction institutionnelle que du bilan objectivement démontré. Aucune donnée, aucun indicateur précis, aucun résultat chiffré ne vient appuyer ces qualificatifs flatteurs. À défaut de preuves tangibles, l’éloge ressemble à une opération de communication soigneusement calibrée.

La reconduction du ministre est présentée comme la « consécration du travail accompli » et la confirmation d’une volonté de « consolider les réformes engagées ». Mais quelles réformes, exactement ? Quels changements structurels mesurables ont été opérés dans le commerce et l’industrie ? Quels impacts concrets sur la croissance, la stabilité ou la modernisation du secteur peuvent être attribués à cette gestion ? Le silence sur ces éléments essentiels alimente le scepticisme.

Plus troublant encore, la décision est décrite comme la traduction d’un « engagement clair en faveur d’une gouvernance efficace, transparente et résolument tournée vers l’intérêt national ». Là encore, l’affirmation est catégorique, mais demeure déclarative. La transparence ne se proclame pas : elle se démontre. L’efficacité ne s’annonce pas : elle se mesure. Quant à l’intérêt national, il ne peut être invoqué comme un slogan destiné à clore tout débat critique.

En définitive, derrière le vernis des formules solennelles, cette reconduction apparaît moins comme une rupture audacieuse que comme la continuité d’un discours institutionnel autosatisfait. Sans bilan détaillé, sans évaluation indépendante et sans obligation de rendre compte publiquement des résultats, le renouvellement de confiance accordé à James Monazard ressemble davantage à un acte politique qu’à une validation rigoureuse d’une performance incontestable.

Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com

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