La tribune publiée par Smith Augustin dans Le Nouvelliste ne relève plus du débat d’idées. Elle s’avère plutôt une opération de repositionnement personnel, où la plume remplace une main sale tendue, et où la flatterie devient un outil de survie politique.
Sorti du CPT dans des conditions pour le moins controversées mais riche, traînant derrière lui une réputation lourdement entachée par des accusations de corruption et son nom associé au scandale du braquage de la BNC, Smith Augustin n’a pas la dignité d’avoir honte et ne perd visiblement pas de temps. À peine écarté commeun malpropre, le voilà qui réapparaît dans l’espace public, non pas pour rendre des comptes, mais pour distribuer des louanges calculées à ceux qui détiennent encore le pouvoir dont le premier ministre qui a rabaissé les membres du CPT en souillant ses pieds sur leur résolution révocatoire.
Le mécanisme est classique, presque scolaire : se rapprocher du pouvoir, flatter ses décisions, enjoliver ses actes, dans l’espoir de se rendre à nouveau indispensable. Car le flatteur ne parle jamais gratuitement. Il investit. Il cherche à construire une influence, à obtenir des privilèges, parfois au prix de la vérité. Il faut se rappeler que c’est ainsi qu’il a obtenu le poste d’Ambassadeur d’Haïti en République dominicaine en flattant le ministre des Affaires étrangères d’alors, en l’occurrence Dr Claude Joseph.
Et ici, la manœuvre est grossière. Transformer la présence de Alix Didier Fils-Aimé et de Raina Forbin à l’investiture de José Antonio Kast en « moment stratégique majeur » relève moins de l’analyse que de la complaisance malsaine. Car, c’est une diplomatie de façade qui est maquillée en vision géopolitique.
Mais derrière cette flatterie, une réalité dérangeante persiste : celle d’un homme qui, plutôt que de s’expliquer devant la Justice sur les accusations qui pèsent sur lui, choisit de se recycler en conseiller officieux du pouvoir. Comme si quelques paragraphes bien tournés pouvaient effacer des soupçons lourds, comme si l’opinion publique devait oublier — ou pire, pardonner sans explication.
Le plus inquiétant, c’est que cette stratégie n’est pas anodine. Le flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. En flattant le pouvoir, il l’endort. Il l’éloigne des réalités, il le conforte dans ses illusions, il l’encourage à confondre communication et action. Et pendant ce temps, lui avance, discrètement, reconstruisant ses réseaux, protégeant ses acquis, et — selon les soupçons persistants — cherchant à accroître des ressources financières déjà contestées ainsi que des biens mal acquis ici et à l’étranger.
Car au fond, la question est simple : à qui profite cette flatterie ? Certainement pas à la diaspora haïtienne confrontée à des politiques migratoires de plus en plus dures. Certainement pas à l’État haïtien, en quête de crédibilité. Mais peut-être à ceux qui, fragilisés par des scandales, cherchent désespérément à revenir dans le jeu national.
Haïti mérite mieux que des discours intéressés et des analyses biaisées. Elle mérite des responsables intègres, capables d’assumer leurs actes et de parler vrai. À défaut, la flatterie continuera de prospérer — et avec elle, les dérives qu’elle protège.
Car dans cette pièce bien rodée, le rôle du flatteur, à l’instar de Smith Augustin, est toujours le même : vivre comme un parasite. Peu importe le prix. Peu importe la vérité.
Rédaction : Zantray News Haïti