De l'information fiable en temps réel !

Pressions politiques et dépendance institutionnelle: le CEP sommé de s’aligner sur la Primature

Le Conseil électoral provisoire (CEP) a rencontré le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, jeudi 9 avril 2026, à la Villa d’Accueil, dans le cadre d’une journée de travail consacrée à l’harmonisation du processus électoral en cours. Mais derrière cette formulation diplomatique, la rencontre intervient dans un contexte de pressions croissantes de la Primature sur l’organe électoral, soulevant de sérieuses interrogations sur son indépendance.

Selon la note de presse publiée à l’issue de la réunion, les discussions ont porté sur l’alignement du décret électoral du 1er décembre 2025 avec le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, ainsi que sur le budget et le calendrier électoraux. La présence du ministre de la Justice, Patrick Pélissier, ainsi que de conseillers du chef du gouvernement, renforce l’impression d’une implication directe de l’exécutif dans des affaires relevant normalement de la compétence du CEP.

Cette volonté d’« harmonisation » apparaît, pour certains observateurs, comme une tentative à peine voilée de reprise en main politique du processus électoral. Le décret électoral, déjà critiqué pour son manque de consensus, se retrouve ainsi soumis à un Pacte dont les termes et la légitimité continuent de diviser les acteurs politiques et la société civile.

Plus préoccupant encore, cette rencontre survient alors que le CEP vient d’annoncer le report des opérations d’inscription des électeurs et des candidats, initialement prévues en avril. Une décision qui, combinée à ces discussions avec la Primature, alimente les soupçons d’un processus électoral sous influence, voire en perte d’autonomie.

Malgré cela, le CEP affirme dans sa note son engagement à conduire le processus « de manière inclusive et impartiale, en toute indépendance et transparence ». Une déclaration qui contraste avec la réalité d’un organe contraint de négocier ses orientations avec le pouvoir exécutif, au moment même où il devrait en être totalement affranchi.

En s’engageant à « poursuivre les discussions » avec la Primature, le CEP semble s’inscrire dans une dynamique de concertation qui, dans le contexte actuel, interroge davantage qu’elle ne rassure. Car au-delà des mots, c’est la crédibilité même du processus électoral qui se joue, dans un pays où la confiance envers les institutions reste profondément fragilisée.

Rédaction: Zantray News Haïti

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Article

Relance de la subvention scolaire : le FNE annonce la distribution de 500 chèques ce 11 avril 2026

Next Article

Subvention scolaire: le FNE relance la distribution de chèques à plus de 500 bénéficiaires

Related Posts