Une fois de plus, le gouvernement haïtien met en avant une participation à un sommet international comme s’il s’agissait d’un accomplissement en soi. Le communiqué annonçant la présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la 51ᵉ Réunion ordinaire des Chefs d’État et de Gouvernement de la CARICOM illustre parfaitement cette tendance : une succession de protocoles, de formules diplomatiques et de déclarations d’intention, mais aucune annonce concrète concernant les retombées pour Haïti.
Le document consacre une large place à décrire la cérémonie d’ouverture, la présence des dignitaires, le passage de relais entre les présidences de la CARICOM et les discours des dirigeants régionaux. Pourtant, lorsqu’il s’agit de la participation du chef du gouvernement haïtien, le communiqué reste étonnamment vague. Aucune initiative spécifique n’est annoncée. Aucun accord n’est mentionné. Aucun engagement précis n’est détaillé.
Les thèmes évoqués sont pourtant majeurs : sécurité, criminalité transnationale, résilience climatique, sécurité alimentaire, développement économique et intégration régionale. Mais le communiqué ne précise ni la contribution particulière d’Haïti sur ces dossiers, ni les propositions défendues par son Premier ministre. Le lecteur apprend seulement que le gouvernement « réaffirme sa volonté » de contribuer au renforcement de la coopération régionale.
Cette accumulation de formules générales donne davantage l’impression d’un exercice de communication que d’un véritable bilan diplomatique. Les expressions telles que « importance accordée à cette instance stratégique », « volonté de contribuer activement », « consolider les partenariats » ou encore « promouvoir des réponses collectives » relèvent davantage du langage institutionnel que d’engagements mesurables.
Le communiqué insiste également sur la nécessité de renforcer l’unité et la solidarité régionales. Mais il ne fournit aucun élément permettant d’évaluer la place réellement occupée par Haïti dans ces discussions ni les résultats obtenus au terme de cette participation.
Au final, ce communiqué laisse davantage de questions que de réponses. Quelle a été la contribution spécifique du Premier ministre ? Quels bénéfices immédiats ou futurs cette participation apportera-t-elle au pays ? Quels engagements ont été pris ? Sur ces points essentiels, le silence est presque total.
En présentant la simple participation à une cérémonie internationale comme un événement politique majeur, le gouvernement semble privilégier la mise en scène diplomatique au détriment de l’information concrète. Or, un communiqué de presse devrait avant tout rendre compte de résultats, d’initiatives ou de décisions, plutôt que de se limiter à une succession de déclarations de principe dont la portée demeure difficile à apprécier.
Mozard Lombard,
Mozardolombardo@yahoo.com