Après quinze mois à la tête du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, Pédrica Saint Jean met en avant une action marquée par de nombreuses réformes administratives, des campagnes de sensibilisation et une forte production de rapports, de rencontres et de dispositifs institutionnels. Promotions, nominations, nouveaux contrats, décrets révisés et participation à des forums nationaux et internationaux constituent l’essentiel du bilan affiché.
Le ministère revendique des avancées dans la lutte contre les violences faites aux femmes, notamment à travers la ligne d’urgence 8919, la mise en place d’outils de collecte de données et l’intensification des campagnes de sensibilisation. Des programmes de formation et d’insertion économique ont permis à plusieurs centaines de femmes et de filles-mères de bénéficier de formations ou de diplômes, tandis que des initiatives à dimension psychosociale ont été mises en œuvre pour les femmes vulnérables.
Cependant, ce bilan reste largement dominé par des annonces, des chiffres et des perspectives, dans un contexte national toujours marqué par l’insécurité, la pauvreté et la fragilité institutionnelle. Malgré une forte valeur symbolique et une activité soutenue sur le plan administratif et diplomatique, l’impact réel de ces actions sur la condition quotidienne des femmes haïtiennes demeure limité et difficilement perceptible à grande échelle.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com