En s’adressant à l’Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a commencé son intervention en déclarant : « Je mesure la poids de l’Histoire. » Or, la formulation correcte est « le poids de l’Histoire ». Cette phrase figure dans la transcription publiée du discours prononcé par le chef du gouvernement lors de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU.
Cette erreur de langage intervient alors que le Premier ministre s’exprimait devant une tribune internationale pour présenter la situation d’Haïti et rappeler le rôle historique du pays au sein des Nations unies. Dans son discours, il a notamment évoqué Haïti comme membre fondateur de l’organisation et insisté sur les questions de paix, de dialogue et de dignité humaine.
Pendant ce temps, loin de la tribune new-yorkaise, le quotidien de centaines de milliers d’Haïtiens reste marqué par la faim et la précarité.
Près de 400 000 personnes vulnérables à Port-au-Prince ont bénéficié d’une assistance financière de 120 dollars américains par mois pendant trois mois, dans le cadre d’une intervention soutenue par le Fonds humanitaire pour Haïti et coordonnée par OCHA. Cette aide vise notamment à permettre aux ménages de se procurer de la nourriture et de répondre à leurs besoins essentiels.
Le recours à l’aide humanitaire s’inscrit dans une crise alimentaire qui touche une large partie de la population.
Selon le Programme alimentaire mondial, environ 5,8 millions d’Haïtiens, soit 52 % de la population analysée, faisaient face à une insécurité alimentaire aiguë classée au niveau « crise » ou à un niveau plus sévère en 2026. À Port-au-Prince, la situation demeure particulièrement préoccupante.
FEWS NET prévoit que des conditions d’urgence continueront de toucher la capitale, notamment en raison de l’insécurité, des déplacements et de l’érosion des moyens de subsistance.
Le contraste entre les deux réalités est difficile à ignorer.
À New York, le chef du gouvernement parle du « poids de l’Histoire » devant les représentants des États membres de l’ONU ; en Haïti, des familles doivent compter sur des transferts humanitaires pour acheter de quoi manger.
Derrière les discours officiels et les références historiques, les chiffres de l’insécurité alimentaire rappellent ainsi que, pour une partie importante de la population, l’urgence reste beaucoup plus immédiate : avoir suffisamment de ressources pour remplir son assiette.
Rédaction: Zantray News Haïti