Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé s’est rendu à Camp-Perrin pour inaugurer les travaux de réaménagement de l’EFACAP de Mersan, présentant cette initiative comme un investissement dans l’avenir de la jeunesse haïtienne. Mais cette cérémonie intervient alors que l’insécurité continue de priver des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation.
Selon l’UNICEF, 1 606 écoles ont été fermées durant l’année scolaire 2024-2025, affectant environ 7 500 enseignants et privant près de 243 000 élèves d’accès à l’apprentissage. Face à ces chiffres, inaugurer une école rénovée ne suffit pas à démontrer que le gouvernement garantit réellement une éducation accessible à tous.
Le gouvernement affirme vouloir garantir un meilleur accès à l’éducation dans les dix départements du pays. Cet objectif reste difficile à prendre au sérieux lorsque des écoles ferment, que des familles sont déplacées et que des enfants ne peuvent plus fréquenter régulièrement leurs établissements en raison de la violence.
Le Premier ministre affirme que « l’avenir d’Haïti dépend de l’investissement dans l’éducation ». Mais cet investissement perd une grande partie de son sens lorsque l’État n’est pas en mesure de garantir aux élèves et aux enseignants un environnement suffisamment sécurisé pour se rendre à l’école et y étudier.
Le problème concerne également les enfants déplacés, dont l’accès à l’éducation est fortement perturbé par la crise. Une véritable politique éducative devrait donc s’attaquer aux causes de cette exclusion plutôt que de se limiter à réhabiliter certaines infrastructures scolaires.
Le gouvernement peut présenter l’EFACAP de Mersan comme une preuve de son engagement envers la jeunesse. Mais une éducation réellement inclusive ne se construit pas seulement avec des écoles rénovées, elle exige d’abord un État capable de rétablir la sécurité afin que les enfants puissent effectivement retrouver le chemin de l’école.
Rédaction: Zantray News Haïti