C’est donc officiel : l’environnement haïtien et la sécurité alimentaire viennent de faire un grand pas… protocolaire. Le Ministère de l’Environnement (MdE) et la FAO ont, une fois de plus, « renforcé leur coopération », expression magique qui, à défaut de nourrir les sols ou de reverdir les montagnes, remplit parfaitement les communiqués.
Mardi 20 janvier 2026, le MdE a eu l’insigne honneur de recevoir en visite de courtoisie une délégation de la FAO. Une visite de courtoisie, donc, mais aux ambitions planétaires : protection de l’environnement, sécurité alimentaire, développement durable, résilience climatique, biodiversité terrestre et côtière, gestion des bassins versants, lutte contre la déforestation, dégradation des sols et, tant qu’à faire, alignement avec les engagements internationaux. Rien que ça.
Le ministre de l’Environnement, l’ingénieur Moïse Fils Jean Pierre, a salué l’« engagement constant » de la FAO, notamment dans les projets appuyés par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). Il a rappelé, avec un sens aigu de la pédagogie institutionnelle, que la protection de l’environnement est un « levier fondamental du développement économique et social ». Une révélation majeure, assortie d’un appel solennel à intégrer systématiquement l’environnement, le climat et la durabilité dans toutes les actions agricoles — afin, bien sûr, de garantir des « impacts durables » pour les communautés rurales les plus vulnérables. Durables, intégrés et systématiques : la durabilité n’a jamais été aussi bien entourée.
De son côté, Madame Beth Bechdol, Directrice générale adjointe de la FAO, a renouvelé une volonté déjà bien renouvelée : consolider, approfondir, coordonner, appuyer et accompagner. La FAO s’engage à poursuivre l’accompagnement dans la conception et la mise en œuvre de projets intégrés — intégrés à quoi, on l’ignore, mais intégrés — notamment grâce aux opportunités offertes par le FEM. La sécurité alimentaire sera renforcée par des systèmes agroalimentaires durables et résilients, la résilience climatique par des pratiques adaptées, et l’environnement deviendra, enfin, un pilier transversal de toutes les interventions agricoles. Transversal, comme il se doit quand tout est prioritaire.
Sous le leadership affirmé du ministre Jean-Pierre, la rencontre a surtout réaffirmé la volonté commune de renforcer le partenariat, dans un esprit de concertation, de complémentarité et de résultats durables. Les discussions ont mis en avant l’importance de la coordination institutionnelle, de l’alignement avec les politiques nationales et les engagements internationaux, ainsi que la participation active des acteurs locaux — autant de concepts robustes, solidement éprouvés dans l’art délicat de la déclaration finale.
En résumé, la planète peut dormir tranquille : les institutions se parlent, les volontés sont réaffirmées, les engagements renouvelés et l’environnement, une fois encore, parfaitement intégré… au discours.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@gmail.com