Le Gouvernement a annoncé, en grande pompe, qu’il « accélère » le processus d’approbation du décret électoral. Une déclaration qui, malgré son ton triomphaliste, soulève bien plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, tant la manœuvre semble précipitée, floue et déconnectée des réalités démocratiques du pays.
Selon le communiqué officiel, une « séance de travail » entre les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et l’Exécutif aurait permis de convoquer en urgence un Conseil de gouvernement, ce vendredi, afin de « prendre pleinement connaissance du texte ». Autrement dit : le Gouvernement s’empresse de lire un document sur lequel repose l’avenir électoral du pays — comme si ces responsables découvraient seulement maintenant un texte pourtant présenté comme « indispensable ».
La communication officielle tente de présenter cette précipitation comme un acte de responsabilité, vantant une adoption « rapide » dans un prochain Conseil des ministres et invoquant la nécessité de « renforcer et d’accélérer » la finalisation du cadre électoral. Mais rien n’est dit sur le contenu du décret, l’ampleur des discussions, les éventuels désaccords ou les risques d’un examen bâclé. L’opacité demeure totale.
L’insistance du Gouvernement et du CPT à « réaffirmer leur engagement » à travailler de manière coordonnée sonne, elle aussi, comme une formule creuse répétée pour masquer l’absence de transparence réelle du processus. À force de communication lisse, les autorités semblent espérer que l’opinion publique confondra vitesse et rigueur, engagement et efficacité, alors que les étapes cruciales d’un processus électoral crédible exigent tout le contraire : clarté, consultation, débat.
En définitive, derrière le vernis institutionnel, cette annonce laisse transparaître un geste précipité, peu rassurant, qui fait davantage planer le doute qu’il ne renforce la confiance. Une démocratie ne se reconstruit pas à coups d’approbations express — surtout lorsque les citoyens attendent, plus que jamais, des garanties solides et une transparence totale.
Mozard Lombard,
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