Haïti est confrontée à un déséquilibre alarmant entre ses forces de l’ordre et les gangs armés. Selon Henry Wooster, chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, environ 12 000 individus sont aujourd’hui recensés dans des groupes criminels, contre seulement quelques milliers de policiers pour tenter de maintenir l’ordre.
Parmi ces gangs, près de 3 000 membres sont lourdement armés, constituant la menace la plus directe pour la sécurité des citoyens. Wooster, qui s’exprimait devant le Sénat américain le 10 février 2026, a précisé qu’une vingtaine de ces organisations, regroupées sous la coalition « Viv Ansanm », ont été classées terroristes par les États-Unis, au même titre que le groupe Gran Grif.
Malgré leur puissance, les gangs subissent une pression croissante, a-t-il affirmé. La Police nationale d’Haïti, épaulée par des partenaires internationaux et une force multinationale, mène des opérations pour réduire leur emprise. Ces interventions visent à instaurer une stabilité minimale, jugée indispensable par Washington pour tout redressement du pays.
Le diplomate américain a également souligné l’impasse politique. Il a rappelé qu’Haïti n’a pas organisé d’élections depuis plus de dix ans et vit sous des gouvernements de transition successifs, accentuant l’instabilité et la défiance des citoyens envers les institutions.
À cette crise politique s’ajoute une crise économique aggravée par l’insécurité, a déploré le chargé d’affaires. Le pays traverse depuis plusieurs années une récession persistante et compte plus d’un million de déplacés internes.
Rédaction : Zantray News Haïti