Port-au-Prince, le 10 juillet 2026 — Le bras de fer entre l’ancien Premier ministre et avocat Me Jean-Henry Céant et l’ancien directeur général de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), Hans Jacques Ludwig Joseph, franchit une nouvelle étape. Dans deux correspondances officielles datées du 8 juillet 2026 et enregistrées le 9 juillet, Me Céant demande une réévaluation de la gestion de l’ULCC sous l’administration de son ancien directeur général ainsi que l’ouverture d’investigations sur son patrimoine.
Les démarches ont été adressées à la nouvelle directrice générale de l’ULCC, Goethie Varnelle Morency, ainsi qu’au bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Patrick Pierre-Louis, marquant une nouvelle escalade dans le différend public qui oppose les deux hommes.
« La lutte contre la corruption doit commencer par ceux qui étaient chargés de la conduire »
Dans sa lettre à la nouvelle directrice générale de l’ULCC, Me Céant salue sa nomination tout en l’appelant à restaurer la crédibilité de l’institution. Selon lui, cette nouvelle direction représente une occasion de réexaminer les pratiques administratives et les mécanismes de contrôle ayant prévalu sous la direction de Hans Jacques Ludwig Joseph.
L’ancien Premier ministre plaide en faveur d’une réévaluation technique des procédures d’enquête et des mécanismes internes afin, dit-il, de renforcer la confiance du public envers l’institution.
Un audit institutionnel réclamé
Me Céant demande l’ouverture d’un audit portant sur la gestion de l’ancien directeur général de l’ULCC. Il sollicite notamment un examen des éléments qu’il évoque dans ses correspondances, notamment des allégations de trafic d’influence, de manipulation des procédures et d’abus de pouvoir, ainsi qu’une analyse du fonctionnement des mécanismes internes de contrôle durant cette période.
Selon lui, les mêmes exigences de transparence appliquées aux responsables publics doivent également s’appliquer aux dirigeants des institutions de contrôle.
Une enquête patrimoniale sollicitée
Dans sa lettre et dans un message publié sur le réseau social X, Me Céant demande également l’ouverture d’une enquête portant sur le patrimoine de Hans Jacques Ludwig Joseph.
Il sollicite notamment :
- une analyse comparative de ses déclarations de patrimoine d’entrée et de sortie de fonction ;
- une vérification de l’origine de ses avoirs ;
- un examen de ses acquisitions immobilières ;
- une analyse de ses comptes bancaires ;
- des investigations visant à déterminer l’existence éventuelle de prête-noms ou de toute personne physique ou morale ayant pu détenir des biens ou intérêts pour son compte, en Haïti comme à l’étranger, notamment aux États-Unis.
Il demande également que l’ULCC vérifie toute structure susceptible d’avoir servi à dissimuler un éventuel enrichissement illicite, directement ou par l’intermédiaire de tiers.
Le Barreau saisi d’une nouvelle demande
Parallèlement, Me Jean-Henry Céant a écrit au Conseil de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince afin de réitérer sa demande de confrontation avec Hans Jacques Ludwig Joseph.
Il rappelle avoir déposé deux plaintes disciplinaires, en 2021 puis en 2025, estimant qu’elles n’ont pas reçu de suite.
Selon lui, une confrontation contradictoire devrait être organisée avant toute décision concernant l’exercice de la profession par l’ancien directeur général de l’ULCC.
Un test pour la nouvelle direction de l’ULCC
Au-delà du cas de Hans Jacques Ludwig Joseph, cette initiative place la nouvelle direction de l’ULCC face à un important défi institutionnel.
Dans son message publié sur X, Me Céant affirme que sa démarche s’inscrit dans « une logique de cohérence et de redevabilité » et qu’elle vise à faire toute la lumière sur les faits qu’il dénonce, dans le strict respect de la présomption d’innocence, des garanties procédurales et des droits de la défense.
Au moment de la publication de cet article, Hans Jacques Ludwig Joseph ne s’était pas publiquement exprimé sur ces nouvelles démarches de Me Jean-Henry Céant. Aucune réaction officielle de l’ULCC ni du Barreau de Port-au-Prince n’avait également été rendue publique.
Cette dernière précision est importante sur le plan journalistique, car elle rappelle aux lecteurs que les allégations rapportées sont celles de Me Céant et qu’aucune réponse publique des personnes ou institutions concernées n’était disponible au moment de la publication.
Rédaction : Zantray News Haïti