La Force de répression des gangs (FRG) a défini un plan d’action qui encadrera ses opérations en Haïti jusqu’au 30 septembre 2028, date fixée pour atteindre les principaux résultats attendus de la mission. Dans un premier rapport stratégique adressé au Conseil de sécurité des Nations Unies le 29 juin, le représentant spécial de la mission, Jack Christofides, présente une feuille de route reposant sur des objectifs précis, et un calendrier destiné à mesurer les progrès réalisés sur le terrain.
Élaboré à la demande du Conseil de sécurité conformément à la résolution 2793 (2025), le document établit les critères qui permettront d’évaluer l’évolution de la mission. Selon Jack Christofides, cette stratégie est le résultat de consultations menées avec les autorités haïtiennes, le système des Nations Unies et plusieurs partenaires internationaux afin de définir une approche commune pour les prochaines années.
La première priorité de la FRG consiste à réduire progressivement l’emprise territoriale des groupes armés. Pour y parvenir, la mission prévoit de mener des opérations basées sur le renseignement, de manière autonome ou en coordination avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H). Les résultats seront évalués à partir de plusieurs indicateurs, notamment le nombre d’opérations effectuées, de barrages démantelés, de bases opérationnelles établies, d’armes saisies et de membres de gangs arrêtés.
Le plan accorde également une place importante à la sécurisation des infrastructures stratégiques du pays. L’aéroport international Toussaint Louverture, les terminaux portuaires, les centres de détention ainsi que plusieurs grands axes routiers nationaux figurent parmi les sites prioritaires.
La mission souhaite notamment renforcer la sécurité autour de ces infrastructures, favoriser la réouverture durable des principaux corridors d’approvisionnement et permettre une meilleure circulation des personnes et des biens.
Le troisième axe de la stratégie vise à renforcer durablement les capacités des institutions haïtiennes afin qu’elles puissent, à terme, assurer elles-mêmes la lutte contre les groupes armés. La FRG prévoit une coopération renforcée avec la PNH et les FAd’H, ainsi qu’une meilleure coordination avec les Nations Unies pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, soutenir le processus électoral et lutter contre le trafic d’armes.
À l’horizon du 30 septembre 2028, la mission ambitionne d’avoir suffisamment affaibli les groupes armés pour qu’ils ne puissent plus exercer un contrôle territorial important ni perturber durablement le fonctionnement de l’État. Jack Christofides précise toutefois que cet objectif ne signifie pas une stabilisation complète d’Haïti, mais plutôt la création des conditions de sécurité nécessaires pour permettre aux autorités haïtiennes de reprendre progressivement le contrôle des zones affectées par la violence.
Rédaction: Zantray News Haïti