Des fonctionnaires du consulat du Chili en Haïti auraient reçu jusqu’à 100 dollars américains pour accélérer des démarches administratives dont le tarif officiel pouvait être compris entre 7 et 12 dollars. Une enquête de la chaîne chilienne T13 révèle l’existence présumée d’un système de paiements illégaux permettant à certains demandeurs d’obtenir en quelques jours des documents qui pouvaient normalement prendre plusieurs mois.
Selon les éléments de l’enquête, le mécanisme présumé aurait commencé à l’extérieur du consulat à Port-au-Prince, où une « commission supplémentaire » aurait été proposée à des personnes venues effectuer des démarches liées à leur voyage ou à celui de leurs enfants vers le Chili. Ceux qui acceptaient de payer auraient ensuite bénéficié d’un traitement prioritaire, leur permettant notamment d’éviter les files d’attente.
La légalisation de documents figure parmi les procédures au cœur des investigations, avec des montants pouvant atteindre 100 dollars. Le procureur chargé de l’affaire, Francisco Ledesma, cherche notamment à déterminer si des sommes supérieures aux frais officiels étaient systématiquement facturées aux demandeurs.
L’enquête a conduit des procureurs et des enquêteurs de la Brigade anticorruption de la police judiciaire chilienne (PDI) à Port-au-Prince, où ils ont procédé à une perquisition au consulat. Du matériel informatique, des documents et des sommes d’argent liquide auraient été retrouvés dans différents endroits des locaux consulaires.
Selon les informations présentées par T13, 14 000 procédures consulaires ont été réalisées en Haïti au cours de l’année écoulée. En se basant sur les accusations de paiements supplémentaires, les sommes qui auraient pu être perçues irrégulièrement pourraient dépasser un million de dollars, tandis que le parquet cherche à vérifier si tous les fonds reçus ont été correctement comptabilisés et transférés au Chili.
L’affaire concerne également Rafael Du Monceau, ancien consul du Chili à Port-au-Prince, qui a dirigé le bureau entre février 2024 et octobre 2025. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer combien de personnes auraient participé au mécanisme présumé et quelles responsabilités pourraient être attribuées à chacune d’elles.
Rédaction: Zantray News Haïti