Le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison, a révoqué Jacques Ader de son poste de Directeur Départemental de l’Ouest 1 (DDO-1), un peu plus de trois mois après sa nomination. Cette décision survient dans un contexte où l’insécurité continue de ravager la région métropolitaine sans qu’aucun résultat concret ne soit visible pour la population.
Cette révocation ressemble davantage à une tentative de masquer l’incapacité de Vladimir Paraison à rétablir la sécurité qu’à une volonté de corriger les défaillances de son administration. Depuis son arrivée à la tête de la PNH, en remplacement de Rameau Normil, lui aussi largement critiqué pour son bilan négatif, Paraison n’a pas réussi à inverser la dynamique de la violence. Son action donne plutôt l’impression d’une continuité dans l’échec que d’un véritable changement de cap.
Le seul fait que l’on puisse vaguement relever sous l’administration Paraison est que les gangs semblent avoir moins incendié de blindés qu’auparavant. Mais ce détail ne saurait tenir lieu de bilan dans un pays où la population attend avant tout la reprise du contrôle des territoires perdus. Aucun chef de gang majeur n’a été neutralisé depuis l’arrivée de Paraison à la direction générale de la police.
En outre, aucun territoire stratégique n’a été reconquis malgré l’augmentation des effectifs de la PNH et l’acquisition de nouveaux matériels, notamment des blindés à chenilles. Les promesses d’une montée en puissance opérationnelle n’ont donc produit aucun changement structurel sur le terrain.
Paraison incarne ainsi la poursuite de l’échec de la police à combattre les gangs et à restaurer un climat sécuritaire sur l’ensemble du territoire. Pendant ce temps, la population continue de fuir les attaques armées, d’abandonner ses maisons et de vivre dans la peur quotidienne.
Des quartiers entiers restent sous la coupe des groupes armés. Les maisons continuent d’être incendiées, les routes demeurent bloquées, et les promesses répétées des autorités restent sans effet.
Dans ce chaos, les policiers eux-mêmes continuent de tomber sous les balles des gangs. Cela montre à quel point l’institution policière demeure exposée, vulnérable et incapable de protéger efficacement ni la population ni ses propres agents.
La présence de Jacques Ader à la tête du DDO-1 apparaissait déjà comme le maintien d’un cadre incapable de produire des résultats dans une zone cruciale du pays. Sous sa direction, le centre-ville de Port-au-Prince est resté largement inaccessible, et les gangs ont continué à contrôler plus de 85 % de la capitale, selon des estimations relayées par l’Organisation des Nations Unies.
Pourtant, Jacques Ader a souvent cherché à projeter dans l’espace public l’image d’un homme d’action et d’autorité. Cette posture, largement relayée devant les caméras, relevait davantage de la mise en scène que d’une démonstration d’efficacité réelle.
Marchant dans les rues sous l’œil des journalistes et entouré de partisans, il semblait surtout occupé à construire sa propre image. Derrière cette communication spectaculaire, la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader, et le peuple haïtien a continué de payer le prix fort.
Son remplacement par Yvon Cantave, réputé pour ses résultats passés, notamment dans l’Artibonite, soulève donc une question essentielle : s’agit-il enfin d’un choix guidé par l’efficacité ou simplement d’un nouvel épisode dans la longue chaîne des échecs de la PNH ?
Rédaction : Zantray News Haïti