La Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH) alerte sur l’aggravation de la situation des droits humains en Haïti au cours des six premiers mois de 2026. Selon l’organisation, au moins 10 massacres ainsi que d’autres actes de violence ont fait plus de 2 000 morts dans plusieurs régions du pays, notamment dans l’Artibonite, à Kenscoff et dans le Plateau central.
Le secrétaire exécutif de la POHDH, Alermy Piervilus, a décrit la situation comme désastreuse lors d’une conférence de presse tenue le 6 août 2026. L’organisation fait état d’une insécurité généralisée, d’une crise de gouvernance, d’un affaiblissement des institutions publiques et d’une dégradation des conditions de vie de la population.
De son côté, l’Organisation des Nations unies rapporte au moins 2 300 morts, plus de 1 100 blessés et 99 victimes d’enlèvements en Haïti depuis le début de l’année, en raison des violences des gangs. La POHDH souligne également les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes déplacées, ainsi que les problèmes dans les établissements pénitentiaires et l’accès aux services sociaux.
Plus d’un million de personnes seraient déplacées à l’intérieur du pays et vivraient dans des conditions difficiles. L’organisation dénonce également les interventions policières contre certains mouvements de protestation, ainsi que les pénuries alimentaires, les difficultés d’accès aux soins et les retards dans les comparutions devant les tribunaux pour certains détenus.
Sur le plan politique, la POHDH demande aux autorités de garantir l’indépendance du Conseil électoral provisoire, de renoncer au projet de référendum constitutionnel et de rétablir la sécurité sur les principaux axes routiers nationaux. Elle réclame également l’amélioration des conditions de détention, un soutien accru aux personnes déplacées, un meilleur accès aux soins de santé et la mise en place du comité de suivi prévu dans le pacte de gouvernance.
L’organisation appelle enfin la société civile et la population à rester mobilisées pour exiger le respect des droits fondamentaux. Elle demande également aux autorités de respecter les engagements pris dans le cadre du processus de transition.
Rédaction : Zantray News Haïti