Le Groupe de Réflexion Permanente sur Haïti (GREPH) a publié le 11 février 2026 une déclaration appelant à la mise en place d’une transition bicéphale marquée par la stabilité et l’impartialité. L’organisation estime que l’absence de clarification formelle du cadre régissant la poursuite de la transition par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que l’absence d’un calendrier précis, alimentent des inquiétudes quant au risque de prolongation indéfinie du processus.
Dans le document, GREPH préconise un exécutif bicéphale dont la présidence devrait émaner d’une institution républicaine jugée crédible, encadrée par un organe indépendant de contrôle afin de restaurer la confiance publique. Le groupe considère que la fin de mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) implique, sur le plan institutionnel, le caractère démissionnaire du Premier ministre et de son gouvernement.
Les membres du GREPH disent constater que le Premier ministre Fils-Aimé continue d’exercer le pouvoir exécutif de fait. Cette situation s’inscrit, selon eux, dans un contexte marqué par l’absence de clarification formelle du cadre juridique régissant la poursuite de la transition.
L’organisation explique que ces incertitudes prolongent la crise de légitimité et fragilisent davantage la confiance de la population dans le processus transitoire. Elle indique que l’ambiguïté institutionnelle nourrit les tensions politiques.
GREPH souligne par ailleurs que ni l’adresse à la Nation du chef du gouvernement ni le décret lui conférant la gestion du pouvoir de fait ne précisent le calendrier des deux priorités annoncées : le rétablissement d’un climat de sécurité suffisant et l’organisation d’élections crédibles.
L’absence d’un échéancier clair suscite, selon le groupe, des inquiétudes légitimes quant au risque de prolongation indéfinie de la transition. Dans ce contexte, l’organisation plaide pour l’ouverture de consultations inclusives réunissant les secteurs vitaux de la société : université, société civile organisée, secteur religieux, femmes, jeunes, monde paysan et secteur privé.
Pour GREPH, l’objectif est de dégager une base de légitimité nationale permettant de mettre en place un organe indépendant de contrôle et un gouvernement composé de personnalités crédibles, compétentes et sans ambition électorale immédiate. Ce gouvernement aurait pour mandat, selon la proposition du Groupe de Réflexion, d’aboutir, dans un délai ne dépassant pas 12 mois, à la restauration de la sécurité et à la tenue des élections.
Rédaction: Zantray News Haïti