Une étude réalisée par la Direction de la Recherche en Économie et Finance (DREF) de la Banque de la République d’Haïti (BRH) en mai 2026 montre que l’économie haïtienne reste très exposée aux hausses du prix du pétrole sur le marché mondial. Selon les chercheurs, chaque augmentation importante du pétrole peut avoir des conséquences directes sur la valeur de la gourde, les prix dans les commerces, les finances publiques et le coût de la vie.
L’étude explique qu’Haïti dépend presque entièrement des carburants importés. Le pays ne produit pas de pétrole et ne dispose pas d’infrastructures permettant de le raffiner localement. L’essence, le diesel et le kérosène utilisés dans le pays sont achetés à l’étranger et payés en dollars américains. Cela signifie que lorsque le prix du pétrole augmente dans le monde, Haïti doit dépenser davantage pour importer ces produits.
Les chercheurs ont pris comme exemple les tensions entre l’Iran et les États-Unis, qui ont provoqué de fortes inquiétudes sur le marché mondial de l’énergie. Lorsque les investisseurs craignent une baisse de l’offre mondiale de pétrole, les prix augmentent rapidement. Pour un pays comme Haïti, cela se traduit par une facture d’importation plus élevée et une pression supplémentaire sur l’économie.
L’étude montre que l’un des principaux effets d’une hausse du pétrole est la pression exercée sur le taux de change. Concrètement, comme le pays doit acheter davantage de dollars pour payer ses importations, la gourde perd de sa valeur. Lorsque la gourde se déprécie, les produits importés deviennent plus chers, ce qui peut ensuite entraîner une hausse des prix dans les commerces.
Selon les résultats de la recherche, les effets ne s’arrêtent pas là. Une augmentation du coût de l’énergie peut aussi ralentir l’activité économique, parce que les entreprises doivent payer davantage pour le transport, la production ou l’électricité. En parallèle, les réserves de change du pays — c’est-à-dire les dollars disponibles pour soutenir l’économie — peuvent diminuer.
Les auteurs soulignent toutefois qu’à court terme, les prix des carburants à la pompe ne suivent pas toujours immédiatement les hausses mondiales, notamment en raison des mécanismes de contrôle des prix. Mais selon eux, ce décalage peut entraîner plus tard des difficultés pour les finances publiques.
Face à cette situation, les chercheurs recommandent que les autorités haïtiennes surveillent davantage le marché des changes et intègrent les risques liés à l’énergie dans leurs décisions économiques. Pour eux, mieux anticiper les chocs pétroliers pourrait aider le pays à limiter leurs effets sur la population.
Cette étude constitue l’une des premières analyses approfondies sur l’impact des variations du prix du pétrole sur l’économie haïtienne et met en évidence la forte dépendance énergétique du pays face aux événements internationaux.
Rédaction: Zantray News Haïti