Haïti prend, ce jeudi, la présidence du Conseil pour le développement humain et social (COHSOD) de la CARICOM pour une durée d’un an. Une responsabilité importante pour le pays, qui aura désormais l’occasion de porter les préoccupations haïtiennes et caribéennes au sein d’une instance consacrée à des secteurs aussi sensibles que l’éducation, la santé, la jeunesse, les femmes, la culture, le travail et la protection sociale.
Mais cette présidence place également la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, devant une obligation de résultats. Chargée de coordonner cette responsabilité au nom du gouvernement haïtien, elle devra donner un contenu concret aux ambitions annoncées par Port-au-Prince.
Pour l’heure, le communiqué gouvernemental présente surtout des orientations générales : promouvoir le dialogue régional, renforcer la participation des jeunes et des femmes, valoriser les industries créatives et consolider la coopération en matière de santé et d’éducation. Ces objectifs sont importants, mais leur formulation laisse entière la question de leur traduction en initiatives concrètes au cours de l’année de présidence.
Une responsabilité qui exige plus que des déclarations
La présidence du COHSOD représente une marque de confiance envers Haïti. Le communiqué souligne d’ailleurs la volonté du pays de renforcer sa participation aux instances décisionnelles de la CARICOM.
C’est précisément cette confiance qui place la ministre Raina Forbin sous une responsabilité particulière. La présidence ne saurait se limiter à représenter Haïti dans les réunions régionales : elle devra également contribuer à faire émerger des actions susceptibles de produire des résultats dans les domaines prioritaires annoncés.
Le défi sera donc de passer des principes à l’action. Le dialogue, le consensus, l’inclusion, la participation des jeunes et des femmes ainsi que la coopération dans la santé et l’éducation constituent des objectifs largement affirmés dans le communiqué. Leur véritable portée dépendra toutefois des initiatives qui seront effectivement portées sous la coordination de la ministre.
Haïti avant tout
Pour Haïti, cette présidence constitue une occasion de renforcer sa présence au sein de la CARICOM et de défendre des priorités liées au développement humain dans la région.
La ministre Raina Forbin se retrouve ainsi au centre de cette responsabilité diplomatique. Son rôle sera observé à travers la capacité de la présidence haïtienne à transformer les trois axes annoncés en une coopération régionale concrète.
L’enjeu dépasse donc la personne de la ministre : il concerne la crédibilité et l’influence d’Haïti au sein de la CARICOM. Pendant cette année de présidence, les résultats obtenus seront appelés à mesurer la portée réelle des engagements annoncés par le gouvernement haïtien.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com