Port-au-Prince, 29 juin 2026. Le gouvernement haïtien a officiellement lancé ce lundi le premier Forum national des investissements, en présence de partenaires internationaux et de représentants du secteur privé. Au programme : infrastructures, ports, aéroports, agriculture, logistique et grandes promesses de relance économique.
Sur scène, les discours se veulent ambitieux. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé appelle à investir dans la résilience, la jeunesse et la capacité productive du pays. Les partenaires internationaux évoquent une Haïti « plus sûre, plus stable et plus prospère ».
Dans les rues, toutefois, le contraste est saisissant.
Car pendant que les autorités parlent d’investissements de demain, une grande partie de la population continue de réclamer des priorités beaucoup plus immédiates : la sécurité, la libre circulation, une gouvernance crédible et l’organisation d’élections permettant de restaurer des institutions pleinement légitimes.
L’investissement est certes indispensable au développement. Mais il demeure difficile de convaincre des investisseurs lorsque de nombreux citoyens eux-mêmes peinent à circuler librement ou à exercer leurs activités dans des conditions normales. Avant les capitaux, beaucoup estiment qu’il faut d’abord rétablir la confiance.
Le gouvernement affirme d’ailleurs que la sécurité constitue la condition essentielle du renouveau économique. Une affirmation qui fait largement consensus. La véritable interrogation porte désormais sur le calendrier : à quel moment cette sécurité annoncée deviendra-t-elle une réalité perceptible pour la population ?
En attendant, les Haïtiens observent un paradoxe devenu familier. Les forums se multiplient, les annonces se succèdent, les stratégies se dessinent… tandis que le citoyen ordinaire continue surtout d’attendre ce qu’il considère comme le premier des investissements publics : celui dans sa propre sécurité.
Au fond, le peuple ne réclame pas des conférences supplémentaires. Il demande des routes praticables, des quartiers sécurisés, des institutions qui fonctionnent, une bonne gouvernance et des élections crédibles. Car, sans ces fondations, les plus beaux projets d’investissement risquent de rester de simples discours prononcés dans des salles climatisées, loin des réalités quotidiennes d’une population qui attend désormais moins de promesses et davantage de résultats.
Rédaction : Zantray News Haïti