Alors que tout le pays sait que la Primature ne fait absolument pas confiance à l’actuelle composition du Conseil Électoral Provisoire (CEP) et chercherait depuis plusieurs semaines à écarter discrètement certains de ses membres, le gouvernement tente aujourd’hui de vendre à l’opinion publique une image artificielle d’harmonie institutionnelle à travers un communiqué rempli de formules diplomatiques et de slogans républicains.
Mais derrière cette façade soigneusement mise en scène, la réalité politique est beaucoup plus brutale.
Car pendant que l’Exécutif parle de « convergence de vues » avec le CEP, plusieurs sources confirment qu’au sein même du pouvoir, de fortes résistances persistent contre certains conseillers électoraux jugés incontrôlables ou insuffisamment soumis aux intérêts politiques de certains secteurs influents.
La question mérite donc d’être posée clairement : cette rencontre était-elle réellement destinée à sauver le processus électoral… ou simplement organisée pour amuser la galerie après les dernières pressions de la communauté internationale ?
Autrement dit : la Primature agit-elle enfin par conviction démocratique… ou parce que « le blanc a parlé » ?
Car il devient difficile de croire à la sincérité de ce soudain enthousiasme électoral lorsque le pays continue de sombrer chaque jour davantage dans le chaos sécuritaire. Des quartiers entiers échappent toujours au contrôle de l’État, des milliers de familles fuient encore les violences armées et l’administration publique elle-même peine à fonctionner normalement dans plusieurs régions du pays.
Pourtant, malgré cette réalité dramatique, le gouvernement continue d’empiler les communiqués grandiloquents sur les « élections crédibles », « l’unité nationale » et « l’intérêt supérieur de la Nation », comme si quelques séances de photos et quelques réunions protocolaires suffisaient désormais à rétablir la confiance de la population.
Même l’annonce d’une future rencontre avec la Force de Répression des Gangs (FRG) ressemble davantage à une opération de communication qu’à une véritable stratégie de sécurisation électorale. Beaucoup y voient surtout une tentative désespérée de rassurer les bailleurs internationaux et de donner l’impression que le pouvoir maîtrise encore la situation.
Mais la population n’est plus dupe.
Depuis longtemps déjà, les Haïtiens ont compris que derrière certains communiqués remplis de belles phrases républicaines se cachent souvent des luttes de clans, des calculs politiques et des guerres d’influence beaucoup moins nobles que les discours officiels.
Car pendant que les autorités parlent d’« espoir » et de « stabilité », le pays, lui, continue de s’enfoncer dans l’incertitude, la peur et l’absence totale de garanties sur la tenue réelle d’élections libres et sécurisées.
Aujourd’hui, une partie importante de l’opinion publique ne se demande plus si des élections auront lieu, mais plutôt qui cherche réellement à contrôler le CEP avant même le début du processus électoral.
Rédaction : Zantray News Haïti