En Haïti, pendant que des milliers de jeunes passent des années à survivre dans des universités sous-financées, à accumuler des diplômes et enfin, sans jamais obtenir la moindre chance de décrocher un poste dans l’administration publique, certaines personnalités semblent avoir découvert un ascenseur politique magique : la bonne couleur de peau, les bons réseaux et les bons parrains.
C’est précisément ce qui alimente aujourd’hui la colère autour de Dominique Dupuy. Car chaque fois que des citoyens questionnent son ascension fulgurante, elle répond immédiatement avec une posture victimaire : « Pourquoi pensez-vous que derrière chaque femme, il y a toujours un homme ? » Une phrase bien calibrée pour les caméras, mais qui ne répond absolument pas à la vraie question : comment une personne sans diplômes certifiés, sans expérience administrative majeure dans de grandes entreprises haïtiennes ou dans la fonction publique a-t-elle pu grimper aussi rapidement jusqu’aux plus hautes fonctions de l’État ?
Le problème n’est pas qu’elle soit une femme. Le problème, c’est qu’on tente de vendre le favoritisme politique comme une victoire du féminisme moderne. Et ça, beaucoup d’Haïtiens refusent désormais de l’avaler.
Pendant que des jeunes femmes brillantes passent des concours, obtiennent des maîtrises et des doctorats dans des universités reconnues — non pas dans les moulins à diplômes —, travaillent dans l’ombre et sous la pression harcelante de chefs puissants pendant des années, et attendent encore une nomination ou une promotion, Dominique Dupuy, elle, est passée presque directement de son poste d’hôtelière au Cap-Haïtien à un poste diplomatique prestigieux à l’UNESCO, puis à celui de chancelière d’Haïti. Et ce, toujours sous l’aile protectrice de Laurent Lamothe, personnalité sanctionnée par les États-Unis et le Canada pour corruption présumée.
Et maintenant, comble de l’ironie, ceux-là mêmes qui ont participé à l’effondrement du pays veulent présenter Dominique Dupuy comme “l’avenir” et “le renouveau”. En Haïti, certains laboratoires politiques pensent vraiment que le peuple souffre d’amnésie chronique. Ils créent les crises, alimentent les conflits entre clans politiques, détruisent les institutions, puis reviennent quelques années plus tard avec un nouveau packaging médiatique, quelques interviews émotionnelles et des discours sur la dignité nationale.
Le plus insultant dans cette histoire, c’est le mépris envers tous ceux qui ont construit leur carrière honnêtement. Les vrais professionnels. Ceux qui ont étudié sans parrain politique. Ceux qui n’avaient ni Laurent Lamothe, ni Michel Martelly, ni réseau Tèt Kale pour leur ouvrir les portes. Ceux qui ont respecté chaque étape, chaque procédure, chaque concours. Pendant que certains gravissaient les marches une à une, d’autres arrivaient directement par ascenseur VIP au sommet de l’État.
Aujourd’hui encore, au lieu d’assumer ce système de favoritisme, on tente de transformer toute critique en attaque contre les femmes. Une stratégie devenue classique : dès qu’on pose des questions sur les compétences, le mérite ou le parcours, on sort immédiatement la carte du sexisme pour éviter le débat de fond.
Or Dominique Dupuy, qui par ailleurs s’est mariée avec un homme de sa tribu de couleur et non avec un Capois à la peau bien foncée, s’est révélée non seulement clanique dans la gestion de son petit hôtel Auberge du Picolet, réservé, dit-on à voix basse, prioritairement aux Haïtiens à peau claire ou mulâtres, mais également d’une fausseté sans pareille dans ses relations avec les gens.
Dans la réalité, elle est une mégalomane prête à tout pour attirer toute la lumière sur elle, quitte à payer des individus sur les réseaux sociaux pour enjoliver son image ou pour éviter les critiques. Ce n’est pas pour rien que presque toute la presse courbe l’échine devant elle. Au MAE, elle a passé son temps à gérer les journalistes traditionnels et ceux des réseaux sociaux au lieu de concevoir et de mettre en œuvre une politique extérieure efficace. Tout cela parce que sa petite personne a priorité sur tout. Elle veut se faire passer pour un ange salvateur.
Mais le peuple haïtien commence à faire la différence entre une femme compétente qui a gagné sa place par le travail et une fabrication politique montée de toutes pièces par un clan en perte de vitesse. Derrière les beaux discours, beaucoup voient surtout une opération de recyclage d’un système cynique, ségrégationniste et corrompu qui a déjà ruiné le pays et qui refuse désespérément de disparaître.
Gare au peuple haïtien s’il décide de continuer à se faire berner
Rédaction : Zantray News Haïti