La rencontre du vendredi 26 décembre 2025 entre le Conseiller-Président Leslie Voltaire et les responsables mexicains de la coopération, présentée comme une visite officielle majeure, illustre surtout l’art consommé de la diplomatie déclarative. Derrière l’accumulation de thèmes évoqués et de mots soigneusement choisis, le contenu réel de ces échanges demeure désespérément flou.
Tout y passe : coopération militaire, éducative et technique, santé, agriculture, sécurité alimentaire, infrastructures stratégiques, processus électoral, stabilité régionale. Cette liste à rallonge, loin de traduire une vision structurée, donne l’impression d’un inventaire sans hiérarchie ni priorités clairement définies. À force de vouloir tout aborder, on finit par ne rien préciser.
Le Conseiller-Président a salué « l’engagement constant du Mexique » et son soutien à des « solutions durables ». Des formules convenues, répétées à l’infini dans les communiqués officiels, mais qui n’apportent aucune information concrète sur la nature exacte de cet engagement ni sur les résultats attendus pour Haïti. Là encore, le discours se substitue à l’action mesurable.
Même l’accompagnement du Mexique au processus électoral haïtien, via l’Institut National Électoral (INE), est évoqué sans le moindre détail sur les modalités, le calendrier ou les responsabilités. Une annonce lourde de sens, mais vidée de substance par l’absence totale de précisions.
Quant aux infrastructures stratégiques — l’aéroport international Antoine Simon et le port de Saint-Louis — elles sont citées comme des symboles, sans que l’on sache s’il s’agit d’intentions, d’études, ou de projets réellement engagés. Là encore, la communication semble primer sur la clarté.
Présentée comme une étape dans la « consolidation des relations bilatérales entre Haïti et le Mexique », cette rencontre ressemble surtout à un exercice de relations publiques. Beaucoup de promesses implicites, beaucoup de domaines mentionnés, mais aucune décision identifiable, aucun engagement chiffré, aucun échéancier. Une diplomatie qui parle beaucoup, mais qui dit finalement très peu.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@gmail.com