À l’heure où les États sérieux renforcent leur présence stratégique dans un monde en recomposition, la diplomatie haïtienne donne l’image d’un appareil affaibli, désorienté et inefficace.
Sous la direction du ministre Jean Victor Harvel Jean-Baptiste, le Ministère des Affaires étrangères et des Cultes accumule les annonces… mais les résultats restent invisibles.
Pendant que :
• Des milliers de compatriotes font face à des expulsions et à des traitements indignes à l’étranger ;
• Les consulats sont débordés, mal organisés, incapables de répondre efficacement aux demandes ;
• Haïti demeure absente des grandes dynamiques diplomatiques régionales ;
• Aucune stratégie économique offensive n’est perceptible ;
le ministère multiplie conférences, communiqués et exercices de communication.
La diplomatie n’est pas une scène protocolaire.
C’est un champ de bataille stratégique.
Or, aujourd’hui, Haïti ne négocie pas : elle subit.
Elle ne protège pas : elle observe.
Elle ne pèse pas : elle suit.
Le constat dépasse les clivages politiques. Techniciens, diplomates de carrière, analystes et observateurs indépendants s’accordent sur un point : absence de vision structurée, manque de leadership ferme, incapacité à traduire les discours en avancées concrètes.
À ce niveau de responsabilité, l’échec ne peut être relativisé.
La révocation du ministre s’impose comme une mesure de salubrité institutionnelle. Mais au-delà du départ, une autre question surgit : celle de la reddition de comptes.
Car gérer une chancellerie, engager des ressources publiques, redéployer des missions diplomatiques sans résultats tangibles, cela exige des explications.
La République ne peut plus se contenter de rotations politiques sans évaluation sérieuse.
Elle doit instaurer une culture de responsabilité.
Une diplomatie faible affaiblit l’État.
Un État affaibli fragilise la nation.
Le temps des discours est passé.
Place aux comptes
Rédaction : Zantray News Haïti