La contestation autour du processus électoral prend une nouvelle ampleur. Une importante coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile a vivement dénoncé, ce samedi, le communiqué du gouvernement affirmant avoir mené des consultations avec les acteurs politiques sur le décret électoral du 2 juin 2026.
Dans une mise au point rendue publique, les signataires affirment n’avoir « à aucun moment » été conviés à des rencontres ou invités à formuler des observations sur le texte. Ils accusent ainsi l’exécutif de présenter une version déformée de la réalité, susceptible de tromper l’opinion publique nationale ainsi que les partenaires internationaux.
Selon cette coalition, les discussions évoquées par le gouvernement se seraient limitées à un groupe restreint de moins d’une dizaine d’organisations politiques, décrites comme proches du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Pour les signataires, ces échanges ne peuvent être assimilés à une consultation nationale représentative de l’ensemble des forces vives du pays.
Les organisations rappellent qu’elles représentent plus de 200 partis politiques et structures sociales qui continuent d’exprimer leurs préoccupations face au caractère non inclusif du processus électoral. Elles dénoncent également l’absence de garanties de transparence et estiment que les priorités de la population demeurent ignorées dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée, l’effondrement économique et l’aggravation de la crise humanitaire.
La coalition accuse en outre le gouvernement d’accentuer les déséquilibres du processus électoral en privilégiant un cercle politique acquis à sa cause plutôt qu’un dialogue ouvert et inclusif. Une telle démarche, soutiennent les signataires, risque de compromettre davantage la crédibilité des prochaines élections.
Cette déclaration intervient à la veille de la 51e Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM, prévue du 5 au 8 juillet à Sainte-Lucie, un rendez-vous régional au cours duquel la crise haïtienne devrait figurer parmi les principaux dossiers.
Le document est signé par plusieurs dirigeants politiques et responsables d’organisations, dont Claude Joseph (EDE), André Michel (SDP), Jean Michel Lapin (Nouvelle Orientation), Marcel Lumérant (KID), ainsi que des représentants de nombreuses autres plateformes politiques et citoyennes, qui appellent à un processus électoral véritablement inclusif et crédible.
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Rédaction : Zantray News Haïti