Port-au-Prince, 5 juin 2026 — L’ancien député Abel Descolines a réagi aux critiques formulées par l’éditorialiste Jean Corvington à propos de ses récentes déclarations sur le décret électoral. Contactant directement la rédaction de Zantray News Haïti, l’ex-parlementaire a tenu à réaffirmer sa position et à dénoncer ce qu’il considère comme une interprétation erronée de ses propos.
Élu à deux reprises à la Chambre des députés et reconnu pour sa connaissance des questions législatives et constitutionnelles, Abel Descolines affirme assumer pleinement chacune de ses déclarations. Selon lui, certains observateurs cherchent à caricaturer son intervention en ignorant volontairement le contexte institutionnel exceptionnel dans lequel évolue actuellement le pays.
L’ancien député estime notamment que Jean Corvington commet une erreur d’analyse en réduisant le débat à une simple confrontation entre le Conseil Électoral Provisoire (CEP) et l’Exécutif. Pour lui, la véritable question est ailleurs : qui exerce certaines prérogatives normalement dévolues au Parlement lorsque celui-ci est inexistant depuis plusieurs années ?
« Il est intellectuellement malhonnête de faire croire qu’un pays peut organiser des élections et assurer la continuité de l’État tout en faisant abstraction du vide parlementaire », soutient-il. Descolines rappelle qu’il n’a jamais affirmé que l’Exécutif pouvait agir sans limites, mais qu’il a simplement exposé une réalité institutionnelle découlant de l’absence du pouvoir législatif.
L’ancien parlementaire va plus loin en affirmant que « c’est une chimère de vouloir se référer tous azimuts à la Constitution pour parler des attributions du CEP, tandis que le CEP actuel n’a pas été formé suivant les prescrits rigoureux de la loi mère ». Selon lui, ceux qui invoquent aujourd’hui une lecture absolue et sélective de la Constitution passent sous silence le caractère exceptionnel des institutions de la transition. À ses yeux, il existe une contradiction manifeste à exiger l’application stricte de certaines dispositions constitutionnelles tout en ignorant les conditions particulières ayant conduit à la mise en place du CEP actuel.
Invitant Jean Corvington à approfondir davantage ses recherches sur le dossier, Abel Descolines plaide pour une lecture plus complète de la Constitution, de la pratique institutionnelle haïtienne et des précédents observés lors des différentes transitions politiques. Il estime que les critiques dont il fait l’objet relèvent davantage de considérations politiques que d’une véritable contradiction juridique de ses arguments.
« Les opinions sont libres, mais les faits sont têtus », affirme-t-il, réitérant sa disponibilité à participer à tout débat contradictoire fondé sur les textes et les faits.
Pour Abel Descolines, le pays a besoin aujourd’hui d’un débat sérieux sur l’organisation des élections, fondé sur la cohérence institutionnelle, la continuité de l’État et l’intérêt national, plutôt que sur les procès d’intention, les lectures sélectives de la Constitution ou les querelles partisanes.
Rédaction : Zantray News Haïti