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Dans une note du ministère de l’Intérieur, Fénélon, Lambert et leur équipe sont écartés pour vente de passeports à des étrangers.

Dans une note datée du 2 avril 2026, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales ordonne la reprise du travail à la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE). Tous, sauf une poignée d’agents au cœur du scandale : le directeur Antoine Simon Fénélon, ainsi que neuf employés interpellés par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) dans une affaire explosive de trafic de passeports au profit de ressortissants étrangers.

Moins de quatre jours après leur arrestation, les concernés ont été auditionnés puis relâchés sur ordre du parquet de Port-au-Prince. Une libération express, sans charges officiellement communiquées, mais assortie d’une interdiction formelle de quitter le territoire. Une décision qui interpelle et alimente de sérieuses zones d’ombre.

Aucun des employés arrêtés dans le cadre de ce trafic n’a été blanchi par la DCPJ. Au contraire, ils demeurent soumis à une interdiction de quitter le territoire et restent sous la surveillance de la justice, tandis que l’enquête suit son cours normal. Il est temps d’arrêter de brouiller les pistes : la vigilance doit être totale.

Car derrière ce silence institutionnel, le dossier est loin d’être refermé. Selon plusieurs sources concordantes, le parquet a été saisi pour des faits graves de corruption impliquant des réseaux internes à la DIE. L’enquête pourrait déboucher sur des inculpations lourdes, notamment pour fraude et atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.

Pendant ce temps, une réalité s’impose : Fénélon est écarté. Officiellement non révoqué, mais concrètement mis hors jeu. Une mise à l’écart qui sonne comme un désaveu cinglant, dans un contexte où aucune décision administrative claire n’a été rendue publique.

Tous les autres employés sont appelés à reprendre leur poste dès le lundi 6 avril 2026, à l’exception des individus visés par l’enquête. Une reprise sous tension dans une institution fragilisée, désormais éclaboussée par un scandale aux ramifications potentiellement profondes.

Une question demeure : qui dirige réellement la DIE aujourd’hui ? Le flou persiste. Aucune nomination intérimaire annoncée, aucun signal fort pour rassurer l’opinion. L’État temporise, mais la pression, elle, ne cesse de monter.

Dans tout État de droit, des agents impliqués dans une affaire d’une telle gravité n’auraient jamais été autorisés à regagner leur poste en pleine enquête. La décision du ministère de l’Intérieur apparaît non seulement tardive, mais elle soulève également de sérieuses interrogations quant à la volonté réelle des autorités de rompre avec les pratiques de corruption au sein de l’administration publique.

Il est impératif de mettre un terme à toute forme de complaisance. Fénélon, Lambert et leurs éventuels complices doivent répondre de leurs actes devant la justice. Si les faits sont établis, ils devront être poursuivis et jugés avec toute la rigueur de la loi pour des actes de corruption graves, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.

Car au-delà des procédures, c’est l’image même du passeport haïtien qui vacille. Document d’identité et symbole de souveraineté, il se retrouve au cœur d’un système présumé de dérives et de compromissions.

Fénélon n’est peut-être pas encore officiellement révoqué. Mais dans les faits, le directeur est déjà hors circuit. Et dans ce dossier, une certitude s’impose : le silence des autorités ne protège plus personne.

Rédaction : Zantray News Haïti

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