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Crise dans le Plateau Central : un gouvernement qui s’auto-congratule alors que la détresse persiste

Le communiqué gouvernemental publié aujourd’hui se veut rassurant. Mais en le lisant, une tout autre impression se dégage : celle d’un pouvoir qui tente de transformer une réaction tardive et minimale en opération héroïque, alors que le Plateau Central s’enfonce dans une crise humanitaire majeure.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé affirme avoir « donné instruction » au FAES d’intervenir d’urgence, comme si l’ampleur de la catastrophe lui avait échappé jusqu’à présent. Après des semaines de souffrance, l’exécutif découvre soudain que « chaque citoyen, chaque famille » mérite son attention. L’annonce sonne comme une admission implicite d’inaction préalable, maquillée en geste empathique.

Le gouvernement se félicite de la mobilisation de 10 restaurants communautaires pour produire 10 000 plats chauds par jour, ainsi que de la distribution de « kits alimentaires essentiels » par le FAES. Mais présenté ainsi, ce dispositif minimal ressemble davantage à une rustine humanitaire qu’à une stratégie solide face à une crise qui touche toutes les communes du Plateau Central, selon le communiqué lui-même. Rien n’est dit sur la durée de l’aide, sa logistique réelle, ni sur les besoins globaux de la population sinistrée.

Le texte insiste sur la « gratitude » des habitants, un élément pour le moins commode et invérifiable, utilisé pour valider un dispositif dont l’efficacité reste à démontrer. Présenter une population en détresse comme spontanément reconnaissante relève plus de la communication que du journalisme d’action publique.

Le communiqué se termine par un appel du Premier ministre aux institutions et partenaires internationaux pour soutenir l’initiative — preuve implicite que les moyens déployés sont insuffisants et que l’État ne peut, seul, assumer ses responsabilités. Pourtant, le gouvernement affirme dans la même phrase « démontrer sa capacité » à répondre à la souffrance de la population. Une contradiction flagrante qui résume à elle seule le ton général du document : autosatisfaction, emphase compassionnelle, mais peu d’éléments concrets permettant d’évaluer l’impact réel de cette intervention.

Quant à la promesse de « suivre de près » la situation jusqu’à un retour à la sérénité, elle sonne creux : ce sont des paroles mille fois répétées dans des crises successives, sans que les structures de prévention ou de réponse d’urgence ne soient durablement renforcées.

En somme, derrière la rhétorique emphatique sur la « dignité » retrouvée et la « protection » des plus vulnérables, le communiqué ressemble davantage à un exercice de communication politique qu’à un véritable plan d’action transparent et ambitieux pour le Plateau Central.

Mozard Lombard,

mozardolombardo@gmail.com

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