Dominique Dupuy, qui veut se faire passer sur les réseaux sociaux numériques comme l’Haïtienne la plus sérieuse, transparente et patriote, se retrouve aujourd’hui au centre d’un dossier de corruption. Car elle s’est servie de sa position administrative pour faire gagner facilement de l’argent à son propre époux.
Nommée le 16 novembre 2020 comme ambassadrice déléguée permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO, Dominique Dupuy a placé son propre mari, Jean Cyril Pressoir, sous contrat au sein de la représentation diplomatique haïtienne avec un salaire mensuel de 5 000 dollars américains, jusqu’à sa nomination comme ministre des Affaires étrangères le 11 juin 2024.
Faisons une simple réflexion mathématique : avec un contrat de 5 000 dollars américains par mois accordé pendant environ 43 mois, Jean Cyril Pressoir a perçu près de 215 000 dollars américains provenant directement des fonds publics haïtiens.
Or, les ambassadeurs et les chefs de mission diplomatique ou consulaire n’ont pas le droit de passer des contrats avec des personnes sans l’autorisation du Ministère des Affaires étrangères (MAE). Comment Dominique Dupuy a-t-elle pu donner un contrat de consultation à son propre mari ? Des sources bien placées au MAE crient au scandale.
Cette affaire choque d’autant plus que l’État haïtien accorde déjà aux chefs de mission diplomatique un salaire d’environ 7 000 dollars américains par mois, des frais de 1 500 $US par mois, un logement qui coûte entre 2 500 et 5 000 $US par mois, également payé par l’État, ainsi qu’un véhicule de fonction dont le coût du carburant est aussi pris en charge, et ce afin de leur permettre de remplir confortablement leur mission à l’étranger avec leur famille. Avec ces importants avantages financiers et logistiques, toute la famille de Dominique Dupuy n’aurait pu manquer de rien.
Pourtant, cette femme qui adore en cachette le luxe a accordé à son propre conjoint un contrat particulièrement avantageux au sein même de la mission diplomatique. La somme totale de ses revenus de plus de 10 000 $US par mois, sans compter le coût du logement et du carburant pour son véhicule de fonction, ne suffisait pas à ses yeux. Il fallait ajouter son mari au payroll de la mission diplomatique sans qu’on ait la moindre trace du travail que celui-ci a effectué.
Derrière ce dossier apparaissent désormais de sérieux soupçons de corruption, en termes de népotisme, de favoritisme et de conflit d’intérêts. Comment une personnalité ayant longtemps porté un discours sur la transparence, l’éthique publique et la réforme de l’État peut-elle aujourd’hui se retrouver au centre d’accusations aussi graves ?
Selon les informations recueillies par Zantray News Haïti, des données administratives liées à cette affaire permettraient d’éclairer les conditions de recrutement, les validations internes ainsi que les paiements effectués dans ce dossier considéré par plusieurs observateurs comme un cas flagrant de corruption au sein de la diplomatie haïtienne.
Face à la gravité des faits, l’Inspection générale du MAE ainsi que l’Unité de Lutte Contre la Corruption devraient diligenter une enquête indépendante et approfondie afin de faire toute la lumière sur ce dossier et établir les responsabilités administratives de Dominique Dupuy et les responsabilités institutionnelles du MAE.
Mais au-delà du cas Dominique Dupuy, une question plus large se pose désormais : combien d’autres ambassades et consulats haïtiens fonctionnent encore sous l’influence de réseaux familiaux, de recrutements de complaisance ou de privilèges accordés dans l’opacité ? On sait que les femmes et maris de certains diplomates sont nommés dans des ambassades différentes, ce qui double les revenus de la famille. Or, des jeunes bien formés ne sont pas recrutés et ne parviennent donc pas à aider leurs parents qui se sont sacrifiés pour payer les frais de leurs formations académiques.
Les représentations diplomatiques haïtiennes servent-elles pleinement les intérêts de la République ou certaines sont-elles devenues des espaces de privilèges familiaux protégés du regard public ?
Face à l’approfondissement de la pauvreté en Haïti et à l’heure où la population haïtienne exige davantage de transparence et de reddition de comptes, cette affaire risque désormais d’alimenter un débat national beaucoup plus vaste sur le détournement et le gaspillage des fonds publics dans les missions diplomatiques haïtiennes à travers le monde.
Rédaction : Zantray News Haïti