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Corruption à la Défense : le DG Sistanis accuse le ministre Jean Michel Moïse, preuves à l’appui

Le ministère de la Défense est une nouvelle fois éclaboussé par un scandale de corruption d’envergure, ravivant le soupçon d’une gouvernance défaillante et d’une impunité enracinée au sommet de l’État. Cette fois, les accusations ne viennent ni de l’opposition politique ni de la société civile, mais de l’intérieur même de l’institution.

Après de récentes révélations mettant en cause le chef de cabinet du ministre de la Défense, une nouvelle étape est franchie. Le directeur général du ministère, Jean Ronel Sistanis, accuse ouvertement le ministre Jean Michel Moïse de détournement de fonds publics et de mauvaise gouvernance, affirmant disposer de preuves matérielles et documentaires à l’appui.

Dans une correspondance officielle adressée au Premier ministre Alix-Didier Fils-Aimé, l’Association Militaire d’Haïti (AMIDH) réclame l’adoption immédiate de mesures conservatoires contre plusieurs hauts responsables du ministère. Pour l’organisation, il ne s’agit plus de soupçons isolés, mais d’un système de gestion opaque, assimilable à un pillage organisé des ressources publiques affectées aux Forces armées d’Haïti.

Rendues publiques le 2 février lors d’un point de presse à Port-au-Prince, les accusations ont provoqué une onde de choc. Elles visent directement le ministre Jean Michel Moïse, dont le nom, selon plusieurs observateurs, apparaît de manière récurrente dans des dossiers de malversations présumées. Cette accumulation d’affaires alimente la colère populaire et renforce le sentiment d’une impunité persistante au sommet de l’appareil étatique.

Les montants évoqués sont particulièrement lourds. Selon Jean Ronel Sistanis, 80 millions de gourdes auraient été engagées pour la réhabilitation du quartier général des Forces armées d’Haïti (FAd’H) au Champ-de-Mars, 50 millions pour la base du Bicentenaire et 160 millions pour une ferme agricole à Belladère, sans résultats visibles ni justification technique convaincante. Plus préoccupant encore, 350 millions de gourdes issus du Fonds d’intelligence auraient été utilisés en dehors de tout cadre légal, en violation manifeste des textes régissant les FAd’H.

Le 4 février 2026, le directeur général du ministère a été auditionné par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC). Selon des sources proches de l’enquête, il a confirmé l’ensemble de ses déclarations et remis aux enquêteurs des documents officiels jugés particulièrement compromettants. Cette audition marque un tournant rare dans la lutte anticorruption : rarement un haut responsable administratif aura assumé une dénonciation aussi frontale et étayée.

L’ULCC a annoncé la convocation imminente du ministre de la Défense, une audition décrite comme décisive, voire explosive. « La lutte contre la corruption ne peut plus être un simple slogan. Aucun responsable, quel que soit son rang, ne sera au-dessus de la loi », a déclaré un porte-parole de l’institution.

Sur le plan politique et institutionnel, les conséquences pourraient être considérables. Les syndicats de militaires dénoncent une gestion qui fragilise la cohésion et le moral des troupes, tandis que la société civile exige des sanctions exemplaires. Le ministère de la Justice a, pour sa part, annoncé la mise en place d’une commission spéciale chargée de veiller à la stricte régularité des procédures.

Dans un pays épuisé par des scandales financiers à répétition, cette affaire s’impose comme un test de vérité pour l’État haïtien. L’ULCC promet de rendre publiques les conclusions de son enquête dans un délai de deux mois. Pour une population lassée des faux-semblants, l’attente est claire : soit la justice va jusqu’au bout, soit la lutte contre la corruption perdra définitivement toute crédibilité.

À noter que, selon des informations largement relayées, le ministre Jean Michel Moïse, membre du groupe RED, a été choisi et promu dans un contexte politique controversé par le conseiller présidentiel Smith Augustin, qui a participé au braquage de la Banque Nationale de Crédit (BNC), aujourd’hui inculpé par la justice et sanctionné par les États-Unis pour des faits présumés de corruption et de liens avec des groupes armés. Tout cet argent a-t-il été détourné pour donner à Smith Augustin et pour le compte du ministre ?

Rédaction : Zantray News Haïti

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