Une nouvelle réunion, de nouvelles déclarations, et surtout un nouveau vocabulaire prometteur. Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) annoncent l’ouverture d’une « nouvelle dynamique » de coopération. Mais derrière les formules diplomatiques et les déclarations d’intention, la communication officielle soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses concrètes.
La rencontre entre la ministre de la Planification, Sandra Paulemon, et le représentant résident du PNUD en Haïti, Xavier Michon, présentée comme une étape importante pour renforcer la coopération entre l’État haïtien et l’agence onusienne, apparaît surtout comme un exercice classique de communication institutionnelle. On y parle d’« échanges », de « volonté claire », d’une coopération « plus politique » et « plus opérationnelle ». Pourtant, aucun élément précis ne permet de comprendre ce qui change réellement par rapport aux multiples partenariats déjà annoncés dans le passé.
Le communiqué évoque même une « deuxième rencontre », sans expliquer pourquoi la première n’aurait pas déjà permis d’aboutir à des décisions concrètes. Au lieu de mesures détaillées ou de projets clairement identifiés, le public se voit servir une succession de concepts vagues : renforcement des capacités institutionnelles, modernisation des outils de gestion publique, amélioration de la structuration de l’investissement public. Autant de formules techniques qui, depuis des années, peuplent les discours officiels sans que leur impact réel soit clairement démontré.
Plus encore, la ministre affirme vouloir promouvoir, avec l’appui du PNUD, des « programmes et projets réalisables rapidement ». Là encore, aucune indication n’est donnée sur la nature de ces projets, leur financement, leur calendrier ou les secteurs précis qui en bénéficieraient. Une promesse de rapidité sans contenu concret ressemble davantage à une tentative de rassurer l’opinion publique qu’à une véritable stratégie de développement.
Le communiqué insiste également sur l’alignement de cette coopération avec des priorités nationales majeures : sécurité, redressement économique, modernisation de l’action publique et organisation des élections. Or ces enjeux figurent déjà depuis longtemps au cœur du discours politique en Haïti. La question centrale demeure donc entière : qu’apporte réellement cette « nouvelle dynamique » que les précédentes initiatives n’ont pas réussi à produire ?
La référence finale au gouvernement dirigé par le chef de l’exécutif, Alix Didier Fils-Aimé, renforce l’impression d’une mise en scène politique. La coopération internationale est présentée comme un « instrument de transformation et de progrès », mais aucune explication n’est donnée sur la manière dont l’investissement public deviendrait soudainement ce levier décisif.
Au final, ce communiqué du MPCE ressemble davantage à un catalogue de promesses qu’à l’annonce d’un tournant concret. Les Haïtiens, eux, attendent des résultats mesurables, des projets identifiables et un calendrier clair — pas simplement une « nouvelle dynamique » dont les contours restent flous.
En l’absence de détails, la rencontre entre le MPCE et le PNUD laisse donc une impression persistante : celle d’une communication bien orchestrée, mais encore très éloignée des transformations concrètes promises au pays.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com