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Communication triomphale au Parc Industriel de Caracol : beaucoup d’annonces, peu de garanties

Le vendredi 13 février 2026, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, s’est rendu en visite officielle au Parc Industriel de Caracol. Présentée comme une “étape significative” dans la mise en œuvre du renouvellement de la loi HELP/HOPE, récemment adoptée par le Congrès américain, cette sortie ministérielle ressemble surtout à une opération de communication soigneusement orchestrée.

Le discours officiel est bien rodé : développement économique, investissements, création d’emplois, commerce équitable. La loi HELP/HOPE est décrite comme un “instrument stratégique” capable de renforcer l’économie nationale. Pourtant, derrière cette rhétorique ambitieuse, aucun élément concret ne vient démontrer en quoi cette visite change réellement la donne pour les travailleurs et les communautés locales.

Un parc “stratégique” occupé à 65 %

Le Parc Industriel de Caracol est présenté comme un levier stratégique du développement industriel du pays. Or, les chiffres fournis soulèvent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Le site est occupé à environ 65 %. Autrement dit, plus d’un tiers du parc reste inoccupé. Pour une infrastructure qualifiée de moteur industriel national, ce taux d’occupation témoigne d’un potentiel largement sous-exploité.

Les quelque 2 500 emplois directs mis en avant paraissent modestes au regard des ambitions affichées et des surfaces disponibles : 69 304 m² immédiatement exploitables et 23 552 m² supplémentaires en construction. On évoque un “retour au niveau historique d’emplois du parc”, ce qui sous-entend implicitement que le site n’a pas su maintenir son propre rythme de croissance. Où sont passés les emplois d’hier ? Pourquoi le parc n’a-t-il pas su consolider durablement ses acquis ?

Une évaluation sans transparence

Durant sa visite, le ministre aurait “évalué de près les infrastructures et les activités en cours” et échangé avec les responsables et acteurs locaux. Mais aucun détail n’est fourni sur les conclusions de cette évaluation. Quelles insuffisances ont été constatées ? Quels engagements précis ont été pris ? Quels délais ont été fixés ?

Le gouvernement parle d’“identifier les leviers susceptibles d’optimiser l’impact de la loi HELP/HOPE”. Là encore, le flou domine. Identifier des leviers n’équivaut pas à les actionner. Le vocabulaire technocratique masque l’absence d’engagements chiffrés, d’objectifs mesurables et de mécanismes de reddition de comptes.

Une dépendance assumée

La visite est explicitement liée au renouvellement d’une législation adoptée par le Congrès américain. Si cette loi est présentée comme un outil de relance, elle souligne aussi la dépendance structurelle du modèle industriel promu : l’attractivité du parc repose en grande partie sur des dispositifs extérieurs. Le développement vanté reste donc étroitement conditionné à des décisions prises hors du territoire national.

La promesse énergétique : solution miracle ?

La centrale solaire photovoltaïque en cours d’installation, d’une capacité annoncée de 13,4 MW avec système de stockage par batteries, est mise en avant comme garantie d’une alimentation électrique fiable 24 h/24. L’argument est séduisant. Mais aucune indication n’est donnée sur l’état d’avancement réel du projet, son calendrier de mise en service ni son coût.

On promet une autonomie énergétique accrue, une durabilité renforcée et une attractivité améliorée pour les investisseurs. Là encore, les bénéfices sont projetés dans l’avenir, sans éléments concrets permettant d’en mesurer l’impact immédiat sur les entreprises déjà présentes ou sur les communautés environnantes.

Une “dynamique institutionnelle forte” aux contours flous

La visite s’inscrit, selon la communication officielle, dans une “dynamique institutionnelle forte” sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le gouvernement affirme vouloir mettre en œuvre la loi de manière “structurée et transparente”, en favorisant le dialogue et en veillant à ce que les bénéfices soient pleinement ressentis par les communautés locales.

Pourtant, aucune mesure précise n’est détaillée pour garantir cette transparence. Aucun mécanisme indépendant de suivi n’est évoqué. Aucun indicateur public ne permet de vérifier que les promesses se traduiront par des améliorations tangibles.

Au final, cette visite au Parc Industriel de Caracol s’apparente davantage à une mise en scène politique qu’à une rupture stratégique. Les chiffres avancés restent limités, les annonces demeurent générales et les engagements concrets font défaut. À défaut de résultats mesurables et vérifiables, les grandes déclarations sur le développement, l’emploi et la durabilité risquent de rester, une fois de plus, au stade des intentions.

Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com

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