Le meurtre brutal de Roger Germain, propriétaire du laboratoire Gamma, abattu en plein jour ce mardi 26 mai 2026 à Bourdon, sur l’avenue John Brown, vient une nouvelle fois illustrer l’effondrement inquiétant de la sécurité en Haïti. Malgré les discours répétés du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé sur le renforcement des dispositifs sécuritaires contre les groupes armés, la réalité sur le terrain demeure inchangée : les gangs continuent d’imposer leur loi, au vu et au su de tous, transformant les rues de la capitale en zones de haute dangerosité.
Ce nouvel assassinat s’ajoute à une longue série de crimes qui semblent désormais se banaliser dans une indifférence presque institutionnelle. À chaque attaque, le gouvernement annonce des réunions stratégiques et promet des mesures fermes, des réponses rapides et une reprise en main de la situation.
Pourtant, ces engagements restent largement théoriques, sans impact visible sur la capacité réelle de l’État à protéger ses citoyens. Cette dissonance entre le discours officiel et la réalité vécue par la population alimente un profond sentiment de désillusion.
Sur le terrain, les forces de l’ordre apparaissent souvent dépassées, intervenant après coup, lorsque les dégâts sont déjà faits. Les quartiers entiers vivent sous la menace permanente d’hommes armés qui dictent leurs règles, déplacent des populations et contrôlent des axes stratégiques.
Dans ce contexte, les annonces gouvernementales de « tolérance zéro » ou de « rétablissement de l’autorité de l’État » peinent à convaincre une population qui constate, jour après jour, l’absence de résultats concrets.
Plus largement, cette situation soulève la question de la crédibilité de l’action publique face à une crise sécuritaire devenue structurelle.
Au-delà des déclarations politiques, c’est la capacité même de l’État à assumer ses fonctions régaliennes qui est remise en cause.
Tant que les promesses ne seront pas suivies d’actions visibles, la spirale de violence risque de se poursuivre, laissant la population dans une insécurité chronique et un sentiment d’abandon grandissant.
Rédaction: Zantray News Haïti